The fortified towers of Semur-en-Auxois rising above the Armançon River
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Semur-en-Auxois

"On était venus pour une nuit, et Lia a dû me traîner jusqu'à la voiture deux jours plus tard."

Une ville fortifiée de granit rose au-dessus de l'Armançon, avec quatre tours médiévales et une église gothique que presque personne ne visite, à part nous.

On a failli passer à côté de Semur-en-Auxois. C’était censé être une simple pause déjeuner sur la route entre Paris et Dijon, une coupure d’autoroute avant de nous consacrer sérieusement aux dégustations de vin en Côte d’Or. Puis on a pris un virage sur la D954 et on a vu la ville perchée sur son rocher de granit rose, quatre tours de pierre attrapant la lumière de fin d’après-midi, et je me suis garé sur le bas-côté juste pour la regarder une minute. Lia n’a même pas râlé pour le détour. On est finalement restés deux nuits.

La ville est minuscule, et c’est en partie ce qui fait son charme. Ce qu’il reste du vieux château, ce sont en réalité quatre tours, et celle que tout le monde montre du doigt, c’est la Tour de l’Orle d’Or, traversée d’une fissure énorme sur un côté qui donne l’impression qu’elle aurait dû s’effondrer il y a des siècles et qui, pourtant, ne s’y résout jamais tout à fait. Je suis resté un moment en dessous à essayer de comprendre la physique de la chose. Notre hôte à l’auberge, un homme plus âgé qui avait visiblement déjà fait ce discours des centaines de fois, nous a raconté que la tour est fissurée ainsi depuis quelque part au Moyen Âge et refuse simplement de finir de tomber. J’ai aimé ça. Ça ressemblait à une métaphore de la ville elle-même — usée, toujours debout, aucune envie de se justifier auprès des touristes.

The cracked Tour de l'Orle d'Or standing above Semur-en-Auxois' ramparts

La Collégiale Notre-Dame est l’autre raison de ralentir. Je ne suis pas du genre à vouloir passer une heure dans une église du XIIIe siècle, mais celle-ci m’a eu — la rosace, le portail sculpté où toute la légende de saint Thomas est ciselée dans la pierre au-dessus de la porte. Lia a trouvé une chapelle latérale où la lumière entrait d’une façon qui l’a fait taire en plein milieu d’une phrase, ce qui n’arrive presque jamais. On s’est assis sur un banc au fond un moment et on a laissé le silence faire son travail, chose rare à trouver dans une église française en pleine saison — sauf que ce n’était pas la haute saison, et que ce n’est pas Beaune, alors le silence, c’est simplement ce que Semur vous offre.

Carved Gothic portal and rose window of the Collégiale Notre-Dame in Semur-en-Auxois

Le soir, on a marché le long des remparts et traversé l’un des vieux ponts de pierre au-dessus de l’Armançon, et je me souviens avoir pensé que toute la ville ressemblait à un conte de fées que personne n’avait pris la peine de terminer d’écrire. On a dîné dans un petit endroit près de l’église, quelque chose avec du canard et un rouge de la Côte-d’Or dont j’ai oublié le nom, en se disant que c’était étrange qu’une ville à vingt minutes de la ligne Paris-Dijon puisse sembler aussi oubliée, dans le meilleur sens du terme.

Quand y aller : On a eu de la chance avec une tranquille soirée de printemps, et je vous conseillerais aussi le printemps ou le début de l’automne — la lumière sur les tours y est plus douce, les rues sont pour vous seuls, et vous échapperez à la foule estivale qui se déverse plutôt sur Beaune et Dijon.