La Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay vue d'en bas, ses tours s'élevant au-dessus du village médiéval au sommet de la colline
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Vézelay

"Je ne suis pas croyant, mais la lumière dans cette basilique un matin de juin a réorganisé quelque chose en moi."

Vézelay, c’est une montée, ce qui est approprié pour un lieu de pèlerinage. Le village est étiré le long d’une unique rue principale qui monte en pente raide vers la basilique, et par un matin d’été la rue est pleine de touristes et de pèlerins et de quelques cyclistes — Vézelay est l’un des quatre points de départ traditionnels du Chemin de Saint-Jacques. Je suis arrivé tôt, avant les cars de tourisme matinaux, et j’ai monté dans le silence des maisons en pierre, devant un chat sur un rebord de fenêtre, devant une boulangerie qui venait d’ouvrir ses volets, l’odeur du pain atteignant la rue avant que la porte ne le fasse.

La Basilique Sainte-Marie-Madeleine est là en haut avec la confiance solide d’un bâtiment qui a survécu aux raids vikings, aux guerres de religion, à l’abandon et à la restauration par trop enthousiaste de Viollet-le-Duc au XIXe siècle. À l’intérieur, la nef est longue et en berceau, les colonnes sculptées de chapiteaux représentant des scènes bibliques et des monstres et des figures humaines saisies dans des postures étranges — des théologiens passent des carrières à cataloguer ces chapiteaux, et leur variété vous fait avancer lentement, la tête inclinée en arrière. Ce qui m’a arrêté, cependant, n’était pas la sculpture mais la lumière. Les fenêtres de Vézelay sont en verre ordinaire, pas de vitraux. Les pierres sont d’un crème chaud et d’un or pâle. Par une matinée claire la lumière qui entre par les fenêtres hautes est extraordinaire — elle tombe selon des angles qui semblent presque orchestrés, illuminant une section de nef à la fois. L’effet n’est pas mystique si on ne le veut pas. C’est simplement beau.

L'intérieur de la nef de Sainte-Marie-Madeleine avec des arcs romans et la lumière dorée du matin

Bernard de Clairvaux a prêché la Deuxième Croisade ici en 1146. Thomas Becket y a trouvé refuge. Richard Cœur de Lion et Philippe II de France s’y sont rencontrés pour lancer la Troisième Croisade. Le poids de l’histoire européenne médiévale dans ce petit édifice au sommet d’une colline est véritablement déstabilisant — Vézelay fut, pendant plusieurs siècles, l’un des principaux lieux de pèlerinage de la Chrétienté, les reliques de Marie-Madeleine attirant des centaines de milliers de pèlerins par an. Les reliques furent finalement contestées, le trafic de pèlerinage se déplaça vers Saint-Maximin en Provence, et Vézelay entama un long déclin qui la laissa, paradoxalement, merveilleusement intacte. Les foules n’ont jamais été assez grandes pour que le village ait dû se reconstruire autour d’elles.

La vue depuis la terrasse à côté de la basilique donne sur le Morvan — le plateau tranquille et boisé qui occupe la partie occidentale de la Bourgogne, un paysage complètement différent des coteaux viticoles de la Côte d’Or. Le Morvan est vert sombre et légèrement mélancolique, plein de lacs et de forêts de hêtres, et la vue depuis Vézelay suggère une Bourgogne que la plupart des touristes du vin ne trouvent jamais. J’y ai conduit cet après-midi-là et j’ai passé deux heures sur des routes vides sans destination particulière.

La vue depuis la terrasse de Vézelay sur le plateau du Morvan, vert et vallonné sous les nuages d'après-midi

Le village compte trois ou quatre bons restaurants et un nombre disproportionné de boutiques d’artisans — potiers, ébénistes, une librairie qui sent correctement le vieux papier. Romain Rolland y a vécu. Marc Chagall est enterré dans le village en contrebas. La densité culturelle au mètre carré est inhabituelle pour un endroit aussi petit.

Quand y aller : Le 21 juin, le solstice d’été, est célèbre à Vézelay — le soleil se lève en parfait alignement avec l’axe de la nef, illuminant une série de médaillons dans le sol. C’est documenté, même si pas totalement prévisible. Au-delà de ce spectacle, de mai à septembre est magnifique. Évitez les pics de juillet et août si vous voulez la basilique dans un silence relatif ; un mardi matin de début juin approche la perfection.