Le vieux Dinan à colombages sur une colline au-dessus de la Rance, avec les remparts et la tour du château visibles
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Dinan

"Dinan est une ville médiévale qui a oublié de s'effondrer — ou qui a peut-être simplement décidé de ne pas s'en donner la peine."

Une ville médiévale perchée au-dessus de la Rance où les remparts sont intacts, les pavés brutaux pour les roues des valises, et le temps s'écoule autrement.

Ma valise avait deux roues et les pavés ne respectent pas les roues. Je la traînais dans la rue du Jerzual — une ruelle à degrés de maisons médiévales à colombages qui descend abruptement de la ville haute vers le port sur la Rance — quand je suis passé devant un atelier de céramique, puis un luthier fabriquant une guitare dans une vitrine, puis une femme vendant de la dentelle faite main depuis un seuil, puis un homme qui réparait des horloges. Je me suis arrêté chez l’horloger et lui ai demandé, en partie par curiosité sincère, depuis combien de temps il travaillait là. Depuis son père, a-t-il dit. Avant, son grand-père. La boutique était une horlogerie depuis 1891.

La Rue du Jerzual pavée descendant abruptement à travers des bâtiments médiévaux à colombages depuis la ville haute de Dinan jusqu'à la Rance

Le vieux Dinan est authentiquement, simplement médiéval — pas une reconstruction, pas un quartier patrimonial, mais une ville fonctionnelle qui a simplement conservé ses remparts du XIVe siècle, ses maisons à colombages du XVe, sa tour du château et le plan de rues tracé au Moyen Âge. Les remparts encerclent la ville haute sur environ deux kilomètres et demi et on peut les longer, regardant d’un côté la vallée de la Rance et de l’autre les toits de la ville. Bertrand du Guesclin, le guerrier breton qui chassa les Anglais d’une grande partie de la France au XIVe siècle, est né près d’ici et son nom est sur tout — des rues, une place, un restaurant, une crêperie. Les Bretons prennent leurs héros au sérieux.

Le port au bas de la rue du Jerzual est un monde différent de la ville sur la hauteur : plus calme, plus plat, les vieux entrepôts de pierre convertis en restaurants et crêperies, la rivière assez large pour que de petits voiliers s’amarrent le long du quai. J’ai mangé des moules dans un restaurant avec des tables au bord de l’eau et une salle à l’étage avec des poutres basses où chaque surface avait été lissée par des siècles de coudes appuyés. Le cidre est arrivé froid et le pain sans qu’on le demande, ce qui est la seule façon acceptable.

La tour du château médiéval et les remparts de Dinan au-dessus de la Rance un après-midi d'automne, les arbres aux couleurs rousses

Le marché du jeudi sur la Place du Champ remplit la ville haute de produits et de bruit dès le matin : des radis et des fraises de Plougastel, des crépinettes chez le charcutier, des fromages de chèvre de deux ou trois producteurs différents chacun convaincu que sa version est la définitive. J’ai acheté un petit fromage dur et une bouteille de cidre breton et me suis assis sur le mur des remparts avec eux. La vue sur la Rance était extraordinaire de la façon dont les vues depuis de vieux remparts le sont souvent — le sentiment de continuité, d’être là où des gens se sont tenus depuis sept cents ans à regarder le même fleuve.

Quand y aller : D’avril à octobre pour le marché et les ateliers artisanaux. La ville est belle en hiver mais certains petits restaurants ferment, et les pavés deviennent traîtres au gel. La location de canoës et de bateaux sur la Rance fonctionne de mai à septembre — vaut un après-midi sur l’eau sous le viaduc.