Les deux flèches gothiques de la cathédrale de Quimper s'élevant au-dessus des maisons à colombages médiévales le long de l'Odet
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Quimper

"Quimper est le genre de ville où on rate un train et où on finit par rester trois jours de plus que prévu."

Je suis arrivé à Quimper sous la pluie, ce qui est probablement la bonne façon de le découvrir. La gare est sans intérêt, il n’y avait pas de taxi, et j’ai marché vers le centre le long de l’Odet avec mon sac qui pesait de plus en plus sur une épaule et les flèches de la cathédrale qui apparaissaient progressivement dans la bruine comme quelque chose d’un conte de fées qui ne s’était pas donné la peine de s’annoncer. Le temps d’atteindre le vieux centre, j’étais suffisamment trempé pour que la crêperie où je me suis réfugié ne soit pas un choix mais une nécessité. La galette que j’y ai mangée — jambon, un fromage local bien relevé, un œuf cuit jusqu’à ce que le blanc soit juste pris — était l’une des meilleures choses que j’aie mangées en France.

L'Odet coulant entre des berges fleuries au cœur du vieux Quimper

La cathédrale Saint-Corentin domine la vieille ville d’une manière qui n’est pas purement architecturale — les deux flèches s’inclinent légèrement dans des directions opposées, la nef suit la courbe de la rivière, et toute la structure a un tort organique qui la rend plus vivante que les cathédrales géométriquement parfaites qu’on trouve plus à l’est. À l’intérieur, la lumière à travers les anciens vitraux teinte la pierre d’un vert léger. Je suis resté assis là vingt minutes sans être particulièrement croyant et j’ai trouvé ça restaurateur de la façon dont les vieux bâtiments sérieux le sont parfois.

Quimper est aussi la capitale de la faïence bretonne — la poterie peinte qui garnit chaque boutique de souvenirs et un nombre surprenant d’ateliers de céramique sérieux. La manufacture HB-Henriot en périphérie produit depuis les années 1700, et on peut visiter l’atelier pour regarder les peintres décorer des assiettes à main levée. Les motifs sont toujours les mêmes — petits paysans bretons, voiliers, bordures géométriques en bleu et jaune — mais les voir exécutés à vitesse, sans hésitation, permet de comprendre que c’est un vrai métier et pas seulement de la marchandise nostalgique.

Un artisan peignant à la main une poterie faïence traditionnelle de Quimper avec un fin pinceau à l'atelier HB-Henriot

Le vieux centre est assez petit pour être épuisé à pied en une matinée, mais le marché du samedi remplit les rues autour de la cathédrale de produits qui compliquent la promenade : des huîtres dans des boîtes en polystyrène, de l’andouille de Guémené en longs rouleaux, des radis de la taille d’un poing, du far breton découpé en carrés dans de grandes plaques. J’ai acheté un carré de far breton à une femme qui le vendait au même endroit depuis ce que le gâteau lui-même suggérait être plusieurs décennies. Il était dense, crémeux, à peine sucré, avec des pruneaux qui avaient gardé leur forme. Je l’ai mangé assis sur un muret au bord de la rivière.

Quand y aller : Le Festival de Cornouaille fin juillet amène musique, danse et costumes bretons dans les rues d’une façon authentique plutôt que mise en scène. Mais Quimper est vraiment une ville toutes saisons — le marché couvert et la culture gastronomique ne dépendent pas du beau temps, et les flèches non plus.