Isla Espíritu Santo
"Un bébé otarie a fait trois tours autour de mon masque comme s'il faisait le fanfaron, et j'ai oublié de respirer un instant."
Une île désertique protégée par l'UNESCO au large de La Paz où les bébés otaries font des cabrioles autour des plongeurs et où des criques turquoise entaillent des falaises volcaniques rouges.
L’Isla Espíritu Santo se trouve à une courte traversée en bateau de La Paz, et c’est l’un de ces endroits qui forcent à recalibrer ce à quoi peut ressembler une île inhabitée. Pas d’hôtels, pas de structures permanentes hormis quelques postes de gardes-parc, seulement treize kilomètres de littoral volcanique sculpté en criques aux falaises rouges et ocre, des plages de sable blanc accessibles uniquement par bateau, et un intérieur de cardons et de broussailles désertiques que l’UNESCO a reconnu comme site du patrimoine mondial en 2005 pour l’extraordinaire biodiversité marine de la mer de Cortez. J’y suis allé pour une excursion d’une journée en espérant une jolie sortie plage et j’en suis revenu en révisant complètement mon idée de ce qu’offrent les îles de Basse-Californie.
La colonie d’otaries de Los Islotes, un affleurement rocheux à la pointe nord de l’île, est la raison pour laquelle la plupart des gens viennent. Plusieurs centaines d’otaries se prélassent sur les rochers, et les plus jeunes — curieux, acrobates, totalement indifférents aux plongeurs — s’approchent et tournoient autour de vous dans l’eau avec une énergie qui frôle la malice joueuse. Un jeune m’a délicatement mordillé la palme, l’a lâchée, et est revenu pour un autre passage, prenant visiblement bien plus de plaisir que je n’arrivais à en assimiler sur le moment. Les mâles adultes, nettement plus grands et territoriaux, sont restés pour la plupart sur les rochers à aboyer, ce qui est exactement là où on veut qu’ils restent.

Le kayak entre les criques de l’île est l’autre façon d’en faire l’expérience, et j’ai passé deux jours à pagayer entre des plages aux noms comme Playa Bonanza et Ensenada Grande, campant sur du sable sans aucune autre empreinte, regardant des frégates tournoyer en hauteur et de temps à autre une mobula bondir hors de l’eau au large sans que personne n’ait jamais pleinement expliqué pourquoi. La lumière sur les falaises change d’heure en heure, rouge à l’aube, presque dorée à midi, et vers le soir tout le littoral prend cette teinte rouille profonde qui donne à l’île ses photos d’un autre monde.

Quand y aller : D’octobre à juin pour des mers calmes et la saison des naissances d’otaries, qui culmine vers juin et juillet quand les petits sont les plus joueurs. L’été apporte un risque d’ouragan et une chaleur inconfortable pour le camping.
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