Un bazar d'or et d'épices derrière une porte de l'époque coloniale, toujours tenu par les mêmes familles qui travaillent dans ses ruelles depuis des générations.
Je suis entré dans le souk de Manama par Bab Al Bahrain — la vieille porte des douanes construite par les Britanniques en 1949, repeinte depuis dans un crème doux et ressemblant un peu à un décor de théâtre — en m’attendant au parcours touristique habituel de boutiques à souvenirs. Au lieu de ça, j’ai passé quinze minutes simplement immobile, à laisser l’endroit agir sur moi. Des bijouteries aux murs entiers de bracelets sous néons, des tailleurs avec des rouleaux de tissu empilés jusqu’au plafond, un marchand d’épices remplissant des cornets de papier de safran en vrac et de citrons séchés avec les trois mêmes gestes qu’il a manifestement répétés dix mille fois. Personne ne m’a harcelé. Quelques-uns ont hoché la tête. C’était tout.
Le souk n’est pas une seule chose — c’est une grille de spécialités qui change à mesure qu’on avance. Le souk de l’or près de l’entrée, où familles bahreïnies et indiennes marchandent des bijoux de dot avec un sérieux qui n’a rien à voir avec les touristes. Plus loin, une section d’épices et de textiles qui sent la cardamome et le fer chaud des presses des tailleurs. J’ai fini dans une minuscule boutique qui ne vendait que de l’encens et de l’oud, tenue par un vieil homme bahreïni qui m’a laissé sentir six qualités différentes avant que j’achète la moins chère, ce qu’il a semblé trouver parfaitement raisonnable.

Ce qui m’a le plus frappé, c’est à quel point tout cela paraissait naturel à huit heures du matin, avant l’arrivée des excursionnistes venus par la chaussée saoudienne. Des porteurs poussaient des chariots de produits devant des échoppes d’électronique encore fermées. Un barbier travaillait déjà sur la barbe de quelqu’un dans une embrasure à peine assez large pour deux chaises. J’ai acheté un café à un stand qui n’était en fait qu’un homme, une thermos et une pile de petites tasses, et je l’ai bu debout contre un mur en regardant le souk se réveiller autour de moi, ce qui m’a semblé être la véritable raison de venir ici.

Quand y aller : Tôt le matin (avant 9h) pour le rythme de travail du lieu, ou après le coucher du soleil quand les bijouteries s’illuminent et que tout le souk devient social. C’est très calme le vendredi jusqu’à la fin de la prière de midi.
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