Narrow stone-paved alley inside Baku's Icheri Sheher, flanked by ancient sandstone walls and a carved wooden door, with the Maiden Tower visible beyond a gap in the rooftops
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Vieille Ville de Bakou

"À l'intérieur des remparts, les siècles se superposent sans s'excuser."

Icheri Sheher — la cité médiévale fortifiée de Bakou, un labyrinthe UNESCO de caravansérails et de ruelles étroites pavées de pierre.

La porte de Gosha Gala Darvaza s’ouvre sans cérémonie — juste une arche de pierre usée qu’on franchit, et soudain le bruit du centre de Bakou s’efface derrière soi. Les remparts d’Icheri Sheher ne s’annoncent pas. Ils vous absorbent, c’est tout.

Pierre et safran

Les ruelles intérieures ne sont pas pittoresques au sens poli du terme. Elles sont habitées, légèrement compliquées, pleines de contradictions — une antenne parabolique fixée sur un parapet du XIIe siècle, une femme qui étend du linge depuis le même encadrement de fenêtre qui jadis surplombait les négociations des marchands de la Route de la Soie. J’ai suivi l’artère principale devant le Palais des Shirvanshah et son mausolée hexagonal, où la dentelle de pierre sculptée au-dessus du portail est assez fine pour ressembler à de la dentelle véritable. La lumière de midi tombe dure et directe, blanchissant le calcaire à la couleur d’un vieux os.

Nous nous sommes arrêtés pour manger un piti dans un minuscule endroit près de la rue Kichik Qala — la soupe d’agneau et de pois chiches arrive scellée sous un disque de pâte qu’on déchire soi-même. La vapeur qui s’en échappe sent le safran et les fruits secs, et quelque chose de plus sombre en dessous, comme si les murs de pierre eux-mêmes avaient mijoté dans le bouillon. Lia a commandé une deuxième portion sans regarder la carte.

L’inattendu souterrain

La surprise est venue en fin d’après-midi, lors de notre deuxième journée. En nous écartant du circuit touristique près du caravansérail de la rue Asaf Zeynalli, j’ai remarqué une basse porte en bois maintenue ouverte par une brique. En dessous du niveau de la rue, éclairé par une seule ampoule nue, un vieil homme restaurait un kilim sur toute la largeur de ce qui avait dû être une écurie ou un entrepôt — le plafond conservait encore ses anciennes voûtes en pierre. Il n’a pas arrêté de travailler quand je suis apparu. Il a hoché la tête en direction du tapis, comme pour dire : regardez ça, pas moi. Le motif était géométrique, rouge profond et ivoire, et ses mains se déplaçaient dessus avec la sérénité tranquille de quelqu’un qui fait cela depuis quarante ans. Je suis resté là plus longtemps que de raison.

La Tour de la Vierge au crépuscule

Le Qiz Qalasi — la Tour de la Vierge — est plus belle en fin de journée, quand les groupes de touristes se dispersent et que la lumière sur la Caspienne devient plate et dorée derrière elle. Personne ne sait vraiment à quoi elle servait. Les théories sont nombreuses. Je trouve cela plus intéressant que n’importe quelle réponse définitive.

Quand y aller : D’avril à début juin, avec des températures douces et des ciels dégagés avant la canicule estivale qui irradie des pierres d’Icheri Sheher. Octobre est tout aussi agréable — la ville se calme après la saison touristique et la lumière du soir teinte les vieux remparts d’ambre.