Rangées de vignes vertes bordées de peupliers dans la ville-oasis désertique de Tinogasta, entourée de montagnes brunes et arides
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Tinogasta

"Chaque chose verte à Tinogasta est un argument que quelqu'un a gagné contre le désert."

Une ville-oasis viticole en plein désert de la province de Catamarca, où des canaux d'irrigation bordés de peupliers transforment une terre aride en vert éclatant.

En arrivant à Tinogasta depuis le désert environnant, il y a un moment précis où la couleur change — du brun, du brun, du brun, puis d’un coup un mur de peupliers et de rangées de vignes d’un vert si intense qu’il en paraît presque artificiel contre les collines ocres. Cette transition résume toute l’histoire de la ville, en réalité : un combat pour l’eau, gagné encore et encore, depuis très longtemps.

L’eau comme architecture

La vallée est irriguée par des canaux qui remontent à des systèmes préhispaniques, agrandis et entretenus par des générations de familles de Tinogasta qui traitent les droits d’eau avec le même sérieux que d’autres endroits réservent au droit de propriété. J’ai demandé à un vigneron comment fonctionnait la répartition et j’ai eu droit à une réponse de vingt minutes mêlant tours d’eau, parts ancestrales et un système de vannes qui précède tout organisme public actuellement chargé de le gérer. Lia, qui prenait des notes pour des raisons que je ne comprends toujours pas complètement, a rempli une demi-page de carnet.

Canal d'irrigation étroit bordé de peupliers courant entre des parcelles de vignes à Tinogasta

Le vin à la limite du possible

Tinogasta se trouve dans l’un des environnements viticoles les plus extrêmes d’Argentine — haute altitude, précipitations minimales, énormes écarts de température quotidiens entre des après-midis brûlants et des nuits désertiques glaciales. Ce stress produit des vins d’une intensité qui m’a surpris, un torrontés avec plus de caractère que celui de Cafayate, un cabernet sauvignon qui avait le goût d’avoir dû se battre pour chaque gramme de sucre du raisin. Dans une petite bodega en bordure de ville, le vigneron m’a dit tout net que les raisins faciles font du vin ennuyeux, puis m’a versé un verre qui défendait plutôt bien son propos.

Salle de dégustation rustique d'une bodega à Tinogasta avec des barriques et un verre de vin rouge foncé sur une table en bois

Fiambalá et les dunes voisines

Juste au sud de Tinogasta, la route continue vers Fiambalá et le champ de dunes du Médano Grande, des dunes de sable qui surgissent de manière inattendue du même désert qui entoure l’oasis. Je n’ai pas eu le temps de vraiment les explorer lors de ce voyage, ce qui m’a donné une raison de plus, parmi une bonne dizaine d’autres, de prévoir un retour.

Quand y aller : De mars à mai pour les vendanges et les écarts de température les plus doux ; septembre et octobre offrent aussi de bonnes conditions avant l’arrivée des grosses chaleurs estivales.