Puerto Madero
"Puerto Madero, c'est le Buenos Aires qui a décidé de cesser de regarder en arrière."
La réinvention en verre et acier du front de mer de Buenos Aires, construite autour d'un pont piétonnier blanc courbe et d'une réserve écologique sauvage.
Puerto Madero m’a désorienté pendant la première heure. Après des jours passés dans la grandeur ornementée et légèrement fanée de Recoleta et San Telmo, marcher dans un quartier de tours de verre, d’entrepôts de brique rénovés et de joggeurs en tenue de sport hors de prix donnait l’impression d’avoir accidentellement changé de ville. C’est un peu le cas, en réalité — tout ce front de mer n’était que des docks à l’abandon jusque dans les années 1990, et cette réhabilitation est délibérée, léchée, et vise clairement une autre Buenos Aires que celle pour laquelle je craquais depuis une semaine.
Le pont et les docks
Le Puente de la Mujer, le pont piétonnier blanc à haubans conçu par Santiago Calatrava, est l’image emblématique du quartier, et elle mérite sa réputation — il pivote pour laisser passer les bateaux dans l’ancien chenal des docks, et au coucher du soleil, toute la structure capte une lumière orangée qui rend chaque photo théâtrale même quand elle ne l’est pas. Lia et moi l’avons traversé deux fois en une seule soirée, juste pour regarder la lumière changer.

Les anciens entrepôts de brique le long des Dique 3 et 4 ont été transformés en restaurants, et c’est ici que Buenos Aires installe ses parrillas les plus chères — la cuisine est bonne, mais je me suis surpris à regretter la parrilla de trottoir de Palermo, où toute l’expérience paraissait moins mise en scène.
La Réserve écologique Costanera Sur
La vraie surprise de Puerto Madero, c’est ce qui se trouve juste derrière les tours : 350 hectares de zones humides et de marais qui ont récupéré une bande de terrain gagnée sur le Río de la Plata et l’ont transformée en l’un des meilleurs spots d’observation d’oiseaux de la ville. Nous pensions y passer dix minutes tranquilles et nous y sommes restés deux heures — hérons, foulques, et le jour où nous y sommes allés, un couple de kamichis à collier dont notre guide semblait sincèrement enthousiaste.

Le contraste, c’est tout l’intérêt : on se tourne d’un côté et on voit la skyline du quartier financier, on se tourne de l’autre et on se retrouve dans un marais qui pourrait passer pour la Pampa.
Quand y aller : En fin d’après-midi jusqu’au coucher du soleil pour le pont et la lumière sur la skyline. Tôt le matin pour la réserve écologique, quand la vie des oiseaux est la plus active et que les joggeurs n’ont pas encore envahi les sentiers.
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