Le vieux port de Foça avec un mur de forteresse génoise en pierre et des bateaux de pêche amarrés dans une eau calme à l'heure dorée
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Foça

"Les Grecs anciens ont nommé cet endroit d'après les phoques de la baie. Les phoques, remarquablement, sont toujours là."

Un ancien bourg fortifié génois où deux îlots rocheux jumeaux gardent une baie peuplée des phoques moines de Méditerranée qui donnèrent son nom grec à la cité antique.

Foça a donné au monde Phocée, la colonie grecque antique dont les marins furent assez audacieux pour fonder Massalia — la Marseille actuelle — et pousser des comptoirs commerciaux jusqu’à la côte espagnole. Je l’ignorais avant d’arriver, et j’ai passé une quantité déraisonnable de ma première soirée dans un café du port à réorganiser mentalement ma perception de la Méditerranée antique autour du fait que ce paisible village de pêcheurs fut jadis un point de départ pour coloniser la mer occidentale. La vieille ville s’enroule encore autour d’un petit port fortifié de pierre, gardé par une trapue forteresse génoise du quatorzième siècle, ses créneaux émoussés par les intempéries mais encore lisibles contre le ciel.

Ce pour quoi Foça est réellement connue aujourd’hui, au-delà de son pedigree antique, c’est le phoque moine de Méditerranée — l’un des mammifères marins les plus rares au monde, avec une population mondiale ne comptant que quelques centaines d’individus, et une petite colonie résidente dans les grottes marines le long de ce tronçon de côte. Je suis sorti en petit bateau avec un opérateur local qui a coupé le moteur près de l’entrée d’une grotte connue et nous a laissés dériver en silence ; nous n’avons vu aucun phoque ce jour-là, et le guide m’a dit sans détour que la plupart des visiteurs n’en voient pas non plus, ce qui a curieusement rendu la sortie plus honnête que s’il avait promis une observation. Le nom du village, en fait, dérive du mot grec ancien pour phoque — phoke — ce qui signifie que ce village de pêcheurs porte tranquillement le nom de ces animaux depuis environ trois mille ans.

Les murailles de la forteresse génoise de la vieille Foça s'élevant au-dessus du petit port de pierre au crépuscule

Le front de mer le soir est là où Foça donne le meilleur d’elle-même — une promenade courbe bordée de restaurants de poisson où la pêche du jour est exposée sur glace et où l’on choisit son dîner du doigt, suivie de sardines grillées et d’un verre glacé de rakı qui arrive avec le sérieux rituel d’une petite cérémonie. Je suis resté attablé bien après minuit un soir, à regarder les bateaux de pêche aller et venir sous les lumières de la forteresse, sans aucune hâte d’être ailleurs.

Un petit bateau de pêche en bois traversant la baie calme près de Foça avec deux îlots rocheux jumeaux visibles à l'arrière-plan

À une courte distance en voiture du bourg, les îlots jumeaux connus localement sous le nom de Siren Kayaları — les Rochers des Sirènes — se dressent juste au large, et la mythologie locale insiste sur le fait que c’est ici que l’équipage d’Ulysse fut tenté par des voix chantantes venues de l’eau. Qu’on y croie ou non, les rochers forment une silhouette saisissante au coucher du soleil, et les plages alentour sont assez tranquilles pour que j’en aie eu une entière pour moi seul un mardi après-midi de juin.

Quand y aller : Juin et septembre offrent des baignades chaudes sans la foule du plein été, et les bateaux d’observation des phoques fonctionnent sur une saison plus complète. Les week-ends attirent des excursionnistes d’un jour venus d’İzmir, donc les jours de semaine sont nettement plus calmes.

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