Boulevard piétonnier de City Walk Dubaï bordé de boutiques et de guirlandes lumineuses
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City Walk

"Dubaï a construit un boulevard européen de toutes pièces, puis a caché une forêt tropicale derrière l'une de ses vitrines."

Un boulevard à ciel ouvert près du centre-ville construit pour évoquer un quartier européen, avec une forêt tropicale cachée derrière une façade de verre en plein milieu.

Je suis entré à City Walk en m’attendant à ne pas être impressionné. Dubaï a l’habitude de construire des simulations d’autres lieux — un canal vénitien ici, une piste de ski là — et j’en avais assez lu sur ce quartier à ciel ouvert près du centre-ville pour supposer que c’était encore un exemple du genre : un boulevard conçu pour évoquer Milan ou Barcelone, déposé dans le désert avec les coutures encore visibles. Les coutures sont là si on les cherche. Mais j’ai passé une soirée à le parcourir quand même, et le temps que je m’assoie pour dîner à une table en terrasse avec l’appel à la prière du soir dérivant faiblement depuis quelque part derrière les tours de verre, j’avais compris son attrait pour ce qu’il est, plutôt que comme une imitation.

Ça fonctionne comme un pur exercice d’urbanisme, quelles que soient ses inspirations. Les rues sont vraiment piétonnes, les voitures bannies vers un parking souterrain, ce qui dans une ville construite presque entièrement autour de l’automobile relève du petit miracle. De larges trottoirs, des façades basses avec une vraie texture — brique, balcons en ferronnerie, guirlandes lumineuses au-dessus — et assez de variation d’échelle pour ne pas avoir l’impression de traverser un seul bâtiment continu, ce qui est le mode d’échec de la plupart des développements commerciaux de Dubaï.

The Green Planet, de manière inattendue

Le détail qui m’est resté le plus longtemps n’était pourtant pas le shopping. C’est un bâtiment en forme de cube appelé The Green Planet, un biodôme intérieur qui recrée une forêt tropicale complète avec des oiseaux en vol libre, des paresseux et une passerelle en spirale qui monte à travers l’humidité jusqu’à un point de vue sur le toit. J’y suis entré surtout par curiosité de voir à quel point ce serait convaincant, et j’en suis ressorti légèrement stupéfait — l’air lui-même change en montant, épais, chaud et sentant le vert, rien à voir avec la climatisation nette du centre commercial cinquante mètres plus loin derrière ses portes.

Extérieur en dôme de verre de la forêt tropicale The Green Planet à City Walk

Une biologiste de l’équipe qui parcourait le niveau du canopy avec un bloc-notes m’a dit que toute la structure maintient son propre système météorologique, en substance, faisant varier l’humidité et la température pour imiter de vraies conditions de forêt tropicale plutôt que de simplement décorer une pièce de plantes. C’est une chose étrange à rencontrer dans un quartier commercial — un véritable écosystème, construit et entretenu entièrement par l’ingénierie, niché derrière des portes vitrées entre un magasin de baskets et un comptoir de gelato.

Boulevard piétonnier de City Walk bordé de cafés et de boutiques au crépuscule

Dehors, le boulevard fait ce pour quoi il a été construit : les cafés débordent sur les trottoirs, les familles se promènent une fois la chaleur retombée, et tout le quartier fonctionne comme une chambre de décompression entre l’intensité des tours du centre-ville et le calme résidentiel plus loin. Il n’essaie pas d’être authentique. Il essaie d’être agréable, et pour l’essentiel, il y parvient.

Quand y aller : Les soirées toute l’année, quand les terrasses extérieures s’animent après le coucher du soleil. Novembre à mars pour des balades diurnes agréables ; le biodôme Green Planet est une bonne échappatoire climatisée pendant les mois d’été éprouvants.