Le temple d'Athéna à Assos perché au bord d'une falaise au-dessus de la mer Égée bleue
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Assos

"Aristote a choisi cette falaise pour penser, et un seul coucher de soleil ici suffit à comprendre pourquoi."

Une cité antique perchée sur une falaise où Aristote enseignait jadis la philosophie, son temple fixant l'Égée en direction de l'île grecque de Lesbos.

J’ai grimpé jusqu’à Assos en fin d’après-midi, ce qui s’est avéré être un heureux hasard plutôt qu’un plan — je m’étais perdu sur les petites routes depuis Ayvacık et je suis arrivé plus tard que prévu, juste au moment où la lumière devenait dorée et basse sur l’eau. Le temple d’Athéna trône tout en haut de l’acropole antique, un semis de colonnes doriques sur un rebord de falaise si spectaculaire que, l’espace d’un instant, j’ai oublié de regarder le temple pour ne regarder que la vue : l’Égée déployée en contrebas, et de l’autre côté du détroit, assez proche pour sembler presque palpable, la silhouette bleu pâle de l’île grecque de Lesbos. Deux pays, une seule mer, un seul coucher de soleil. Je suis resté là si longtemps que le gardien du site a dû venir me chercher pour me dire qu’ils fermaient.

Aristote est venu ici en 347 av. J.-C., après la mort de Platon, quand il a quitté Athènes, et il y a passé trois ans à enseigner et à étudier — certains historiens pensent que c’est ici qu’il a commencé les observations biologiques qui allaient façonner ses travaux ultérieurs, arpentant le littoral en contrebas pour collecter des spécimens marins. Debout devant le temple, à regarder ce même littoral, on comprend facilement l’attrait du lieu. Ce n’est pas un endroit qui inspire des théories abstraites. C’est un endroit qui donne envie de vraiment regarder les choses.

The Doric columns of the Temple of Athena at Assos silhouetted against the Aegean at sunset

La descente vers le port

Ce qui rend Assos vraiment rare parmi les sites antiques de Turquie, c’est le dénivelé vertical entre les ruines et la vie moderne : depuis l’acropole perchée, une route sinueuse descend sur près de 240 mètres jusqu’à un petit port de pêche encore en activité, où des bâtiments en pierre de l’époque ottomane abritent aujourd’hui des pensions et des restaurants de poisson le long d’un court quai. Je suis descendu à pied — assez raide pour que mes genoux protestent le lendemain — et j’ai mangé une daurade grillée à une table si proche de l’eau que je l’entendais clapoter contre le mur du port. Un pêcheur, deux tables plus loin, réparait ses filets, sans jouer un rôle pour les touristes, juste en train de faire son travail pendant que les ruines d’un temple vieux de 2 400 ans se dressaient juste au-dessus de sa tête. Cette juxtaposition, une ancienne école de philosophie posée au-dessus d’un village de pêcheurs sans la moindre prétention, est ce qui est resté avec moi plus longtemps que les colonnes.

The small stone fishing harbor of Assos with boats moored below the cliffside ancient city

Le trajet compte aussi

Assos se trouve assez loin du circuit touristique principal — à quelques heures au sud de Çanakkale, accessible par d’étroites routes à travers des oliveraies — pour ne jamais sembler envahi, même en été. La plupart des visiteurs sont des familles turques en week-end ou de rares voyageurs qui font la boucle entre Troie et la côte égéenne. Personne ne vous presse au temple. Personne ne vous presse au port non plus.

Quand y aller : Au coucher du soleil, sans hésitation — le temple fait face à l’ouest au-dessus de l’eau et la lumière est tout l’événement. De la fin du printemps au début de l’automne pour une eau assez chaude pour nager depuis les rochers du port ensuite.