La promenade du front de mer de Çanakkale le long des Dardanelles au crépuscule, avec des ferries traversant le détroit
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Çanakkale

"Çanakkale est le genre de ville qu'on prévoit de traverser et où l'on finit par vouloir une nuit de plus."

Une ville animée au bord des Dardanelles, où les ferries font la navette entre deux continents et où les routes mènent tout droit à Troie et à Gallipoli.

Je n’avais réservé qu’une nuit à Çanakkale, la considérant purement comme une étape logistique entre Troie et Gallipoli, et j’ai regretté cette brièveté presque immédiatement. La promenade en bord de mer le long des Dardanelles est franchement l’une des meilleures balades du soir que j’ai trouvées de tout ce voyage — large, bien éclairée, bordée de jardins de thé et de restaurants de poisson, remplie de familles locales sorties pour leur promenade vespérale, d’étudiants du campus voisin, de vieux messieurs jouant au backgammon aux tables extérieures. J’ai commandé une assiette de kalkan (turbot) grillé dans un endroit recommandé par le propriétaire de ma pension, et j’ai regardé, sur l’espace d’une heure, quatre ferries différents traverser le détroit dans les deux sens, leurs phares traçant des sillons sur l’eau sombre entre l’Europe et l’Asie.

Cette traversée est la raison même pour laquelle Çanakkale existe sous sa forme actuelle, et elle compte stratégiquement depuis des millénaires. Les Dardanelles, ici, ne font qu’environ deux kilomètres et demi de large à leur point le plus étroit — l’ancien Hellespont que Xerxès fit franchir par un pont de bateaux pour envahir la Grèce, que Byron traversa à la nage en imitation du mythe de Léandre, et que des ferries traversent désormais sans relâche, transportant camions, bus et piétons entre les continents en une vingtaine de minutes. J’ai pris le ferry rien que pour pouvoir dire que je l’avais fait — sans raison particulière, sans destination de l’autre côté, juste le simple plaisir de rester debout sur le pont d’un bateau à regarder l’Asie rapetisser derrière soi et l’Europe grandir devant.

Car ferries crossing the Dardanelles strait at Çanakkale with the waterfront lit up at dusk

Une ville bâtie autour de ses voisins

Çanakkale n’a pas de site antique phare à elle seule, et ce n’est pas un problème — sa vraie fonction, et son vrai charme, c’est d’être le camp de base pour deux des lieux les plus importants de la région. Troie est à quarante minutes au sud. La péninsule de Gallipoli et ses champs de bataille de la Première Guerre mondiale ne sont qu’à une courte traversée en ferry et un trajet en voiture au nord-ouest, de l’autre côté du détroit. La ville elle-même possède un musée naval modeste mais qui vaut le détour, près du port, abritant une réplique du mouilleur de mines Nusret, dont les mines ont coulé des cuirassés alliés pendant la campagne des Dardanelles de 1915 — une bonne mise en contexte si vous partez pour Gallipoli le lendemain et voulez comprendre avant de fouler le terrain lui-même.

A quiet street in Çanakkale's old town near the harbor, with Ottoman-era buildings and cafes

J’ai fini par rester une deuxième nuit, principalement parce que les vues sur le ferry au coucher du soleil étaient assez belles pour vouloir les revoir, et parce que la ville, sans prétention aucune, donnait tout simplement envie d’y être — une ville portuaire active qui se trouve être installée sur l’un des passages les plus chargés d’histoire de la planète.

Quand y aller : Le printemps ou le début de l’automne pour des promenades du soir agréables le long du détroit. Utilisez-la comme base de deux ou trois nuits pour couvrir Troie, Assos et Gallipoli sans avoir besoin de vous déplacer.