Maison sacrée fataluku uma lulik traditionnelle avec son toit pointu caractéristique et ses poteaux de bois sculptés à Lospalos
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Lospalos

"Tout le monde parle tetum ici. Les conversations qui comptent se tiennent en fataluku."

La capitale du district de Lautem et le cœur culturel du peuple fataluku, une communauté dont la langue, les maisons sacrées et les traditions n'ont d'équivalent nulle part ailleurs sur l'île.

Lospalos n’est pas une ville qui cherche à vous impressionner. Le centre est une grille de rues poussiéreuses, un marché, une église, ce genre d’architecture commerciale basse qui se développe quand un endroit se construit par nécessité plutôt que par ambition. Le paysage alentour — la vaste plaine de Lautem, bordée de collines — est ouvert d’une manière qui, après la route côtière étriquée, paraît immense et légèrement déroutante.

Mais Lospalos est l’endroit du Timor oriental où je retournerais le plus volontiers, et cela tient entièrement au peuple fataluku et presque rien aux attractions conventionnelles.

La langue fataluku

Parmi la trentaine de langues indigènes parlées au Timor oriental, le fataluku compte parmi les plus isolées sur le plan linguistique — il appartient à sa propre famille de langues, sans lien avec les langues austronésiennes parlées sur le reste de l’île et, de fait, dans la majeure partie de l’Asie du Sud-Est. Les linguistes débattent de ses origines depuis des décennies. Concrètement, cela signifie que lorsqu’on se trouve dans le district de Lautem, le son ambiant des conversations quotidiennes ne ressemble à rien de ce qu’on a entendu ailleurs sur l’île.

Je suis resté assis tout un après-midi au marché de Lospalos, simplement à écouter. Le tetum des bulletins nationaux sur une radio derrière un étal, puis le glissement vers le fataluku entre deux femmes se disputant à propos d’aubergines, puis le retour au tetum pour inclure une troisième personne. La langue comme code social, comme intimité, comme frontière.

Les maisons sacrées

Les uma lulik — maisons sacrées — que l’on trouve dans tout le Timor oriental prennent une forme particulière en territoire fataluku. La région de Lospalos est connue pour ses maisons aux toits hauts et spectaculairement pointus s’élevant en flèche, souvent ornées de poteaux de bois sculptés et d’objets cérémoniels qui les désignent comme le centre spirituel d’un clan. Ce ne sont pas des musées. Ce sont des espaces rituels vivants.

Grâce à une introduction faite par un instituteur rencontré au marché, j’ai pu m’asseoir avec une famille en marge d’une cérémonie à leur uma lulik. Je n’ai rien compris de ce qui se disait. On m’a offert du vin de palme et j’ai accepté une petite coupe. La cérémonie avait commencé avant mon arrivée et s’est poursuivie après mon départ, ce qui est la relation qui convient à un visiteur face à une chose pareille.

Le marché de Lospalos

Le marché est la chambre de compensation sociale du district et l’un des plus vivants du pays. Des femmes des villages alentour arrivent à l’arrière de motos, leurs produits en équilibre dans des tissus tais. La section poissonnerie se trouve vers le fond et y règne une odeur puissante et une animation joyeuse. Dans la section textile, le tais fataluku — caractéristiquement plus sombre dans sa palette et plus géométrique que le tissage du continent timorais — pend dans les étals à côté de produits en plastique venus d’Indonésie et de Chine.

J’ai acheté une longueur de tais à une femme âgée qui a mené un marchandage féroce entièrement en fataluku, que je ne pouvais contrer dans aucune langue et que j’ai donc largement perdu. Le tissu est maintenant sur mon mur. Je ne considère pas cela comme une perte.

Vers la plage de Valu

À l’est de Lospalos, une route court vers la côte et la plage de Valu, suffisamment reculée pour exiger un véhicule à bonne garde au sol et suffisamment précise pour qu’on doive demander son chemin au moins deux fois. La plage, quand on la trouve, est longue et déserte, adossée à la forêt, avec des vagues qui arrivent du Pacifique ouvert sans que rien ne les ait freinées. Pas faite pour la baignade selon la plupart des critères — la houle est imprévisible — mais extraordinaire à contempler.

Quand y aller : La saison sèche (mai–octobre) rend les routes du district de Lautem praticables et les plaines autour de Lospalos agréablement chaudes, sans la fraîcheur des hauts plateaux. Juillet et août voient un peu de tourisme intérieur timorais, mais les chiffres sont assez modestes pour que Lospalos ne paraisse jamais bondée. Arriver avec au moins une lettre d’introduction ou un contact dans la communauté change profondément la visite.