Layou
"On gravait des visages dans cette roche mille ans avant que quiconque ne songe à y construire un complexe hôtelier."
Un village de la côte sous le vent où des pétroglyphes précolombiens sont gravés dans une paroi rocheuse au bord de la rivière, précédant tranquillement tout le reste de cette liste.
Layou est facile à traverser sans même le remarquer si l’on ne le cherche pas — un modeste village de la côte sous le vent à environ une demi-heure au nord de Kingstown, sans rien de remarquable à la vitesse de la route. J’ai bien failli faire exactement cela lors de mon premier passage, avant de faire demi-tour sur la recommandation d’une tenancière de maison d’hôtes à Kingstown, qui a insisté, avec une réelle conviction, sur le fait que je manquais la chose la plus ancienne de toute l’île.
Une courte marche à l’intérieur des terres depuis le village, le long d’un sentier qui longe la rivière Layou à travers des terres agricoles privées (une petite somme versée à la famille qui entretient l’accès est l’arrangement habituel et juste), mène à une paroi de roche volcanique sombre gravée de pétroglyphes que l’on estime vieux d’environ mille ans, réalisés par les peuples amérindiens — probablement les ancêtres des Kalinagos — qui vivaient à Saint-Vincent bien avant le contact européen. La gravure la plus grande et la plus nette est un visage stylisé, aux yeux écarquillés et géométrique, devenu une sorte de symbole officieux de l’histoire précoloniale de l’île, apparaissant sur des timbres et des brochures touristiques bien que la plupart des visiteurs ne fassent jamais réellement le déplacement pour voir l’original.

Debout devant lui, je me suis surpris à faire le calcul sans le vouloir — mille ans avant le fort de Kingstown, mille ans avant le jardin botanique, mille ans avant toute l’infrastructure coloniale qui domine la majeure partie de l’histoire enregistrée de l’île. Il y a remarquablement peu de tapage autour du site : pas de centre d’accueil, pas de boutique de souvenirs, juste la roche, la rivière qui coule à côté, et un panneau écrit à la main demandant de ne pas toucher aux gravures. Cette retenue m’a semblé appropriée.
Le village lui-même, une fois de retour sur la route principale, possède une bonne échoppe de roti près du pont et une petite plage de sable noir qui reçoit un ressac correct à son extrémité nord, prisée d’une poignée de surfeurs locaux les matins de week-end. Ni l’un ni l’autre n’attire les foules, ce qui convient au tempérament général de Layou.
Quand y aller : La saison sèche maintient bas et facile le passage de la rivière vers les pétroglyphes. Allez-y le matin, à la fois pour la lumière sur les gravures et pour attraper l’échoppe de roti avant qu’elle ne soit épuisée, ce qui arrive invariablement en début d’après-midi.
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