Vastes champs herbeux du parc des Plaines d'Abraham avec le fleuve Saint-Laurent visible au loin
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Plaines d'Abraham

"Un champ vert tranquille où, en quinze minutes, un empire a changé de mains."

Un parc urbain vallonné qui fut autrefois un champ de bataille, où le combat de quinze minutes ayant décidé de la langue d'un continent s'est déroulé sur ce qui est aujourd'hui la pelouse à pique-nique préférée de tous.

Il m’a fallu un véritable effort mental pour concilier les Plaines d’Abraham telles que je les ai découvertes — des familles sur des couvertures de pique-nique, un sentier de jogging serpentant entre d’anciens emplacements de canons, des enfants faisant voler des cerfs-volants près d’une tour Martello — avec ce qui s’est réellement produit ici par une matinée de septembre 1759. La bataille des Plaines d’Abraham a duré moins d’une demi-heure. Les deux généraux en chef, Wolfe et Montcalm, sont morts des blessures qu’ils y ont reçues. Et en l’espace de quelques années, toute la trajectoire de l’Amérique française avait été détournée, définitivement, vers une trajectoire britannique — le quart d’heure le plus lourd de conséquences de l’histoire canadienne, livré sur un terrain qui est aujourd’hui un parc urbain de 98 hectares où j’ai regardé quelqu’un s’exercer au violoncelle sous un arbre.

Vastes pelouses et arbres matures du parc des Plaines d'Abraham avec une tour Martello en pierre au loin

Le Musée des Plaines d’Abraham, niché dans le parc près des tours Martello, retrace honnêtement le siège et la bataille sans romancer aucun des deux camps, et j’ai apprécié que le récit ne soit triomphaliste dans aucun sens — juste un compte-rendu lucide de la rapidité et de l’ampleur du désastre pour la Nouvelle-France. Dehors, de petites plaques marquent l’endroit où Wolfe serait tombé, des marqueurs de pierre sans prétention dans un coin d’herbe sans prétention, ce qui a quelque chose d’assez troublant en soi. Lia a fait remarquer que rien dans le décor ne trahit son poids historique — aucun monument criant pour attirer l’attention, juste un espace vert qui fait ce que fait un espace vert.

Une tour Martello en pierre se dressant dans une clairière herbeuse du parc des Plaines d'Abraham à la lumière de la fin d'après-midi

En été, le parc accueille le Festival d’été de Québec, un grand festival de musique en plein air qui transforme le champ de bataille en terrain de concert pendant onze jours — une superposition d’histoire réellement étrange, et très québécoise, dans le meilleur sens du terme.

Quand y aller : Toute l’année pour la marche et le musée. Début juillet pour le Festival d’été si vous voulez de la musique live avec un sens du lieu tout à fait particulier. L’automne pour les couleurs des érables et des chênes sur les champs ouverts — sans doute le meilleur endroit pour observer les couleurs d’automne à l’intérieur des murs de la ville.