Dunes de sable et forêt de pins le long de la rive du lac des Deux Montagnes dans le parc national d'Oka au coucher du soleil
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Oka

"Oka est une plage, un monastère et une prise de conscience, tous réunis sur les mêmes quelques kilomètres — et il ne vous laisse pas n'en choisir qu'un seul."

Un parc national de dunes de sable et de marais à la porte sud des Laurentides, ancré par un monastère trappiste en activité et une communauté kanien'kehá:ka à l'histoire complexe et essentielle.

Oka se trouve là où les Laurentides rencontrent le lac des Deux Montagnes, à une heure à l’ouest de Montréal, et il concentre plus d’histoire en couches sur une petite superficie que presque n’importe où ailleurs dans la région. Le parc national d’Oka lui-même est l’attrait immédiat — un paysage inhabituel de dunes de sable formées par d’anciens dépôts glaciaires, désormais stabilisées par une forêt de pins, enveloppant une longue plage de sable qui est l’un des meilleurs endroits pour se baigner à portée de Montréal. Nous sommes venus un chaud week-end de juillet et la plage était bien fréquentée, des familles étalées sur le sable exactement comme on s’y attendrait à une heure d’une grande ville, mais les sentiers dunaires derrière elle se sont vite vidés et ont offert un paysage véritablement étrange et silencieux de collines de sable sous une canopée de pins, qui semblait entièrement déconnecté du lac.

Sentiers dunaires à travers une forêt de pins dans le parc national d'Oka, la lumière du soleil filtrant à travers les arbres sur le chemin sablonneux

L’Abbaye d’Oka, un monastère trappiste fondé en 1881, se trouve juste à l’extérieur des limites du parc et demeure une communauté religieuse active — les moines qui y vivaient à l’origine ont créé le fromage d’Oka, un fromage à croûte lavée devenu depuis un véritable produit d’exportation culinaire québécois, bien que la production ait par la suite été vendue et se fasse maintenant ailleurs. Le Calvaire d’Oka, un chemin de pèlerinage vieux de 300 ans avec de petites chapelles en pierre grimpant la colline derrière l’abbaye, est un contrepoint étrange et silencieux aux foules de la plage à quelques minutes en voiture — nous l’avons parcouru un soir dans un silence quasi total, le lac visible à travers les arbres à chaque station.

Oka est aussi, inévitablement, le site de la crise d’Oka de 1990 — une confrontation armée de 78 jours entre la communauté kanien’kehá:ka (mohawk) de Kanesatake, la police du Québec, et finalement l’armée canadienne, déclenchée par un projet d’agrandissement d’un terrain de golf sur des terres qui comprenaient un cimetière de Kanesatake. Cela reste l’un des moments déterminants de l’histoire moderne des droits autochtones au Canada, et visiter Oka sans le reconnaître me semble malhonnête. Kanesatake, la communauté elle-même, se trouve juste à côté de la ville, et il vaut la peine de se renseigner sur la crise et ses revendications territoriales non résolues avant ou après une visite, plutôt que de traiter la région uniquement comme une journée de plage.

Les chapelles de pierre du sentier de pèlerinage du Calvaire d'Oka grimpant une colline boisée au-dessus du lac des Deux Montagnes

Le résultat est un lieu qui résiste à être réduit à un seul type de voyage — ville balnéaire, visite de monastère, prise de conscience historique — et je pense qu’il vaut mieux le visiter en gardant les trois présents à l’esprit plutôt que l’un d’eux seul.

Quand y aller : Juillet et août pour la plage et les sentiers dunaires, bien qu’il faille arriver tôt le week-end pour éviter les foules venues de Montréal. Le printemps et l’automne pour une visite plus tranquille de l’abbaye et du sentier du Calvaire.