La vue sur le centre-ville de Montréal et le fleuve Saint-Laurent depuis le belvédère Kondiaronk sur le mont Royal à l'heure dorée
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Mont Royal

"Chaque ville devrait avoir une colline comme celle-ci — assez proche pour s'y rendre à pied, assez sauvage pour oublier qu'on l'a fait."

La montagne qui a donné son nom et ses poumons à Montréal — une colline boisée en plein cœur de la ville où tout le monde, en toute saison, semble finir par se retrouver.

J’ai grimpé le mont Royal pour la première fois par le chemin Olmsted, le sentier sinueux pour calèches que Frederick Law Olmsted a conçu délibérément pour vous désorienter — pas de lignes droites, pas de raccourcis, seulement des lacets à travers érables et chênes qui font qu’une petite colline se ressent comme une véritable ascension. Olmsted, qui a aussi réalisé Central Park, considérait apparemment ceci comme sa meilleure œuvre, et en le parcourant en octobre pendant que les feuilles faisaient tout ce que les feuilles sont censées faire, je l’ai cru sans qu’il ait besoin de me convaincre.

Le chemin Olmsted sinueux à travers une forêt d'érables sur le mont Royal en pleines couleurs automnales

Le belvédère Kondiaronk, au sommet, offre la vue que chaque photo de guide touristique promet — la grappe de tours du centre-ville de Montréal, le Saint-Laurent au-delà, et par temps clair la silhouette des collines montérégiennes éparpillées à l’horizon comme si la montagne avait des cousines qu’elle ne visite pas souvent. J’y suis retourné deux fois après cette première visite, une fois au coucher du soleil quand le belvédère s’est rempli de ce qui semblait être la moitié de la population de musiciens de rue et de planchistes de la ville, et une fois en janvier en raquettes louées à un kiosque près du lac aux Castors, ce qui a transformé la même promenade en quelque chose de plus proche d’une véritable nature sauvage.

Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est à quel point la montagne fonctionne comme une infrastructure civique plutôt que comme un simple décor scénique. Les Tam-Tams — le cercle de tambours informel du dimanche après-midi qui se rassemble au pied du monument à George-Étienne Cartier de mai à septembre — ne sont pas un événement touristique, c’est un rituel hebdomadaire qui semble appartenir à la ville entière, tambourineurs, danseurs, pique-niqueurs et chiens occupant tous la même pente dans un arrangement qui a l’air chaotique et qui, d’une certaine façon, ne l’est pas. Je me suis assis en bordure pendant deux heures un dimanche et je ne me suis jamais ennuyé, ce que je ne dis pas souvent des cercles de tambours en général.

Rassemblement des Tam-Tams du dimanche sur la pente herbeuse près du monument Cartier au pied du mont Royal

La montagne abrite aussi deux cimetières — Notre-Dame-des-Neiges et le cimetière Mount Royal, catholique et protestant respectivement, une ségrégation qui en dit long sur la façon dont cette ville s’est organisée pendant des siècles — et le lac aux Castors, un étang artificiel qui se transforme en patinoire l’hiver. J’y ai patiné un mardi soir sous les projecteurs, la silhouette de la ville brillant faiblement à travers les arbres, exactement le genre de chose qui fait que Montréal ressemble moins à une ville dotée d’un parc qu’à une forêt autour de laquelle une ville a poussé avec soin.

Quand y aller : De mai à septembre pour les Tam-Tams et la canopée bien verte, octobre pour le changement de couleurs sur le chemin Olmsted, et de janvier à mars pour le ski de fond et le patinage au lac aux Castors si le froid intense ne vous dérange pas.