White chalk cliffs above Dieppe's pebble beach with the castle silhouetted on the headland
← Normandy

Dieppe

"J'ai mangé un seau de moules sur la plage de galets de Dieppe et j'ai levé les yeux vers les mêmes falaises de craie que les troupes du raid n'ont jamais réussi à dépasser en 1942."

Un port transmanche marqué par le temps sur la côte normande, caractérisé par ses falaises de craie blanche et le souvenir du désastreux raid allié de 1942.

On ne parle pas autant de Dieppe que des plages du débarquement plus à l’ouest, mais elle porte son propre poids de guerre, et honnêtement un poids différent, car Dieppe est une histoire d’échec plutôt qu’une tête de pont gagnée. En août 1942, des troupes majoritairement canadiennes ont lancé un raid sur la ville, testant les défenses côtières allemandes avant une invasion complète, et cela a très mal tourné presque immédiatement, clouées sur la plage de galets sous le feu venant des falaises et du vieux château au-dessus, des milliers de pertes en quelques heures. En parcourant cette plage aujourd’hui, en passant devant les filets de beach-volley et les cabines de plage rayées, c’est étrange à concilier, cette scène de plage estivale ordinaire superposée à l’une des journées les plus sombres de la guerre. Il y a un mémorial canadien et un petit musée dans le château qui l’expliquent clairement, sans le présenter comme une victoire, ce que j’ai respecté.

White chalk cliffs rising above the pebble beach in Dieppe with the medieval castle on the headland

En dehors de l’histoire du raid, Dieppe est une ville véritablement active, ce que j’ai apprécié après l’ambiance plus policée des stations balnéaires comme Deauville ou Cabourg. C’est un vrai port de ferries transmanche, toujours relié à l’Angleterre, et le port a ce mélange de bateaux de pêche et d’agitation de terminal de ferry qui lui donne une énergie sans prétention. Il y a une importante pêcherie de coquilles Saint-Jacques ici, et la ville organise un véritable festival de la coquille Saint-Jacques en novembre auquel je retournerais volontiers, j’ai mangé des coquilles Saint-Jacques dans un restaurant au bord du port qui avaient été pêchées ce matin-là même, et c’était l’un des meilleurs repas de fruits de mer simples que j’aie mangés en France. Le marché du samedi, l’un des plus grands de Normandie, s’étend dans les rues près de l’église Saint-Rémy et vend de tout, du cidre local au poisson frais en passant par des outils d’occasion, et ça vaut le coup d’organiser une visite autour de lui.

Les falaises de craie elles-mêmes, du même blanc pâle que celles, plus célèbres, d’Étretat plus loin sur la côte, encadrent toute la ville et lui donnent cette toile de fond dramatique que l’histoire du raid rend presque cinématographique d’une manière sombre. Le château en haut de la falaise ouest, en partie médiéval et en partie fortification plus tardive, abrite un musée avec une collection vraiment bonne d’ivoires, une spécialité dieppoise héritée de son ancien commerce avec l’Afrique, aux côtés du matériel de guerre, donc il y a plus de variété que ce à quoi je m’attendais en entrant.

Fishing boats and ferry terminal along the working harbor in Dieppe

Lia et moi avons fini par rester plus longtemps que prévu, surtout parce que la ville semblait vécue plutôt que mise en scène pour les visiteurs, ce qui est rare sur cette côte.

Quand y aller : Visitez en novembre pour le festival de la coquille Saint-Jacques si les fruits de mer sont votre priorité, ou venez un samedi n’importe quand dans l’année pour voir le marché en pleine effervescence ; la plage de galets est à son meilleur par un après-midi clair et sans vent.