Des surfeurs de volcan descendant la pente de scories noires du Cerro Negro
← Nicaragua

Cerro Negro

"Le seul volcan que j'ai gravi spécifiquement pour en dégringoler."

Un cône de cendres noir de jais, encore en croissance, près de León, où l'activité principale ne consiste pas à grimper — mais à s'attacher une planche de contreplaqué et à redescendre à toute vitesse.

J’ai gravi beaucoup de volcans pour la vue. Le Cerro Negro est le premier que j’ai gravi pour la descente. C’est le volcan le plus jeune d’Amérique centrale, né en 1850 et toujours en croissance au fil d’éruptions périodiques depuis lors — la dernière significative remontant à 1999 — et toute la montagne est faite de cendres noires meubles qui, vues de loin, donnent l’impression que quelqu’un a déversé une montagne de charbon au milieu du paysage verdoyant de la cordillère des Maribios. Il n’y a aucune végétation dessus, aucun contour adouci, juste des pentes d’éboulis noirs abruptes sous un soleil impitoyable, et au pied du sentier, on vous tend une planche de bois en vous disant de vous amuser.

L’ascension avant la chute

La montée prend environ quarante-cinq minutes, droit contre le vent, en portant une planche en bois attachée dans le dos qui s’alourdit à chaque pas. Le sentier suit une simple ligne de crête, sans difficulté technique, mais les graviers noirs meubles rendent les appuis instables, et l’absence totale d’ombre sur le volcan fait que la chaleur remonte du sol autant qu’elle descend du soleil. En chemin, on croise des fumerolles qui sifflent encore hors de la roche, un rappel que ce n’est pas une montagne de carte postale endormie — le Cerro Negro entre en éruption selon un cycle d’environ quelques années, et le sol sous vos bottes est la preuve de la dernière en date.

Des randonneurs gravissant la pente de cendres noires du Cerro Negro, planches attachées dans le dos

Au sommet, on découvre une vue de cratère franchement étrange — roche tachée de soufre, un rebord qu’on peut longer en partie, et des vues qui s’étendent jusqu’au Momotombo et au Pacifique — mais presque personne ne s’attarde longtemps. Tout l’intérêt de la randonnée réside dans les quinze secondes qui suivent. On enfile une combinaison et des lunettes, on s’assoit sur la planche en haut de la face d’éboulis la plus raide de la montagne, et on se pousse. J’ai atteint quelque chose comme 50 km/h selon le radar du guide, rebondissant et dérapant sur les graviers volcaniques meubles sans aucun moyen de diriger sauf en penchant le corps, et je suis arrivé en bas en riant si fort que j’ai failli oublier de me relever.

Gros plan sur une planche de volcano boarding et l'équipement en combinaison utilisés pour dévaler le Cerro Negro

Une activité, pas une randonnée

Ce qui distingue le Cerro Negro de tous les autres volcans de la région, c’est qu’il a été essentiellement façonné pour cela par la géologie, et adopté par les tour-opérateurs de León comme l’activité à sensations forte du pays. Chaque auberge de León vend l’excursion, équipement compris, et toute la sortie — bus aller, montée, descente en planche, bus retour — prend une demi-journée. On en revient couvert de poussière volcanique noire à des endroits dont on ignorait qu’ils pouvaient être poussiéreux, et c’est, sans conteste, l’une des choses les plus étranges et les plus purement amusantes que j’aie faites où que ce soit en Amérique centrale.

Quand y aller : Toute l’année, mais la saison sèche (novembre à avril) garantit un sol plus ferme et une meilleure visibilité. Allez-y le matin avant que le vent et la chaleur ne montent tous les deux, et portez des chaussures fermées — les éboulis mordent à travers les sandales.