Vagues se brisant sur la plage de La Boquita le long de la côte du Carazo
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Côte du Carazo

"La côte du Carazo, c'est là que j'ai enfin compris pourquoi Pierre n'arrête pas de dire que le Pacifique nicaraguayen surpasse San Juan del Sur."

Un chapelet de plages du Pacifique sous les hauteurs du Carazo, de La Boquita à Casares, où les vues depuis les falaises côtoient la vie des petits villages de pêcheurs.

La route qui descend de Jinotepe vers la côte traverse une campagne d’altitude verdoyante, puis s’ouvre soudain sur des falaises, un sable gris-doré et un vent venu droit du Pacifique, assez fort pour rendre la conversation difficile. J’étais venu chercher La Boquita en particulier, sur la recommandation d’un chauffeur de bus qui m’avait dit que c’était là que les familles de Managua allaient quand elles voulaient vraiment du calme, pas une ambiance de fête. Il n’avait pas tort.

Villages de pêcheurs d’abord, stations balnéaires ensuite

Ce qui distingue la côte du Carazo des villes de surf plus célèbres, plus au sud, c’est que la pêche, et non le tourisme, dicte encore le rythme de la vie quotidienne ici. À Casares, j’ai regardé les pangas rentrer tôt le matin, leur prise déchargée directement sur le sable et triée par une foule de femmes qui avaient visiblement un système rodé depuis des années — les vivaneaux ici, les crevettes là, et tout ce qui était trop petit finissait directement dans un seau destiné à la cuisine de quelqu’un. Les restaurants de ce coin servent ce qui est arrivé le matin même, parfois littéralement l’heure même, grillé simplement au citron vert et servi avec des tostones. J’ai mangé un vivaneau entier à une table en plastique à six mètres à peine de l’endroit où il avait été pêché, et ça reste l’un des meilleurs repas que j’aie faits dans le pays.

Des pêcheurs déchargeant leur prise sur la plage de Casares tôt le matin

Falaises, bassins de marée et l’espace entre les villages

Le littoral qui relie La Boquita et Casares n’est pas une bande continue de constructions — c’est surtout des falaises, une forêt côtière rabougrie et des étendues de plage vide, accessibles seulement à pied ou par une piste de terre occasionnelle. J’ai passé un après-midi à crapahuter sur des formations rocheuses volcaniques à marée basse, découvrant des bassins remplis de petits crabes et d’anémones, sans personne d’autre en vue pendant près d’une heure. Depuis certains points des falaises, la vue porte assez loin le long de la côte pour qu’on puisse voir les systèmes météo arriver depuis l’océan avant même qu’ils n’atteignent la terre, de sombres rideaux de pluie visibles au loin pendant qu’on se tient encore en plein soleil.

Des falaises volcaniques et des bassins de marée le long du tronçon préservé de la côte du Carazo

Le développement gagne peu à peu du terrain — quelques résidences secondaires pour des familles de Managua, une poignée de petits hôtels — mais il reste modeste et dispersé plutôt que concentré, et le caractère de village de pêcheurs n’a pas été supplanté. C’est une côte qui récompense les déplacements lents entre les villages plutôt qu’une base fixe unique, en laissant les falaises, les plages vides et le port de pêche occasionnel raconter l’histoire.

Quand y aller : De novembre à avril pour le temps le plus sec et la mer la plus calme ; les jours de semaine sont nettement plus tranquilles que les week-ends, quand les familles de Managua font le trajet pour la journée.