Une rue reconstruite dans la vieille ville de Mossoul avec des façades en pierre restaurées et des échafaudages encore visibles sur certaines d'entre elles, des piétons marchant devant les devantures de boutiques
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Mosul

"On disait qu'il faudrait une génération pour reconstruire Mossoul. En parcourant sa vieille ville, on voit cette génération se mettre au travail."

Une ville qui se reconstruit elle-même, rue après rue, après une occupation qui a tenté de l'effacer — les souks, les églises et les mosquées de la vieille ville revivent en face de l'antique Ninive, de l'autre côté du fleuve.

Je dois être honnête sur ce à quoi je m’attendais en entrant dans la vieille ville de Mossoul, et à quel point je me trompais. J’avais lu suffisamment sur la bataille de 2016-2017 pour libérer la ville de l’État islamique — neuf mois de guerre urbaine, la vieille ville réduite par endroits en gravats, le minaret penché de la Grande Mosquée d’al-Nuri, al-Hadba, dynamité par le groupe alors que sa défaite devenait inévitable — que je suis arrivé préparé à une ville fantôme. Ce que j’ai trouvé à la place, ce sont des échafaudages, des grues, des façades en pierre restaurées côtoyant d’autres encore en ruine, et un bourdonnement obstiné et indéniable d’une ville qui s’obstine à exister à nouveau.

La reconstruction de la mosquée d’al-Nuri, menée par l’initiative « Revive the Spirit of Mosul » de l’UNESCO aux côtés des Émirats arabes unis, est devenue le symbole visible de cette obstination — j’ai regardé des tailleurs de pierre travailler la pierre à la main, reproduisant le style mossouliote d’origine, reconstruisant l’inclinaison caractéristique d’al-Hadba (le minaret penche depuis des siècles, une particularité de ses fondations, et les habitants ont tenu absolument à ce qu’il soit reconstruit tordu, exactement comme il l’avait toujours été, plutôt que redressé). À proximité, la reconstruction de l’église Notre-Dame-de-l’Heure, l’église latine avec son horloge offerte par la France, et de l’église syriaque catholique Al-Tahera avance de concert avec celle de la mosquée, financée et animée d’une manière qui, en marchant entre elles, m’a semblé être l’argument le plus concret que j’aie rencontré contre les récits sectaires.

Des tailleurs de pierre travaillant à la reconstruction du minaret penché de la Grande Mosquée d'al-Nuri à Mossoul, des outils traditionnels et des blocs de pierre taillée visibles autour de la structure échafaudée

Le souk couvert de Mossoul, le Qaysariyya, est lui aussi revenu à la vie, quoique de manière inégale — certaines ruelles sont entièrement restaurées avec de nouveaux étals vendant épices, tissus et cuivrerie, d’autres portent encore les traces d’explosions aux étages supérieurs tandis que le rez-de-chaussée commerce comme si de rien n’était. J’ai acheté des dattes à un vendeur dont le grand-père tenait le même étal, dans la même ruelle, et il m’a raconté — avec un flegme sans quête de compassion — qu’il avait reconstruit l’étal trois fois depuis 2003, pour différentes raisons. C’est la véritable texture de Mossoul : non pas une ville définie par ses pires années, mais une ville dont les habitants sont simplement devenus, par nécessité, extrêmement doués pour tout recommencer.

Une ruelle partiellement restaurée du souk Qaysariyya à Mossoul, des étals d'épices et des vendeurs de cuivrerie commerçant sous des étages supérieurs encore marqués par des dommages de guerre visibles

De l’autre côté du Tigre se trouvent les monticules de l’antique Ninive, ce qui fait de Mossoul, d’une certaine manière, une ville en dialogue permanent avec son propre passé lointain — une population moderne se reconstruisant elle-même sous le regard direct de ruines qui ont déjà survécu, et se sont déjà reconstruites, à bien pire.

Quand y aller : D’octobre à avril pour une chaleur supportable. La reconstruction est véritablement en cours et certaines zones de la vieille ville restent restreintes ; engagez un guide local capable de confirmer l’accès actuel à al-Nuri, aux églises et au souk avant de vous y rendre.