The ruined towers of Larochette Castle rising above the rooftops of the town
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Larochette

"Nous sommes venus pour un château, nous sommes repartis en débattant, tendrement, du siècle que nous préférions."

Une petite ville du Mullerthal veillée par les ruines calcinées de deux châteaux rivaux, perchés sur un éperon rocheux au-dessus de l'Ernz Blanche.

Nous sommes montés depuis la ville de Luxembourg sur un coup de tête, le genre d’après-midi à moitié improvisé que Lia et moi avons fini par bien maîtriser depuis notre installation au Mexique — on oublie à quel point tout est proche en Europe, jusqu’au jour où l’on se retrouve ailleurs avant même que le café n’ait refroidi. Larochette s’est annoncée avant la ville elle-même : deux tours brisées dressées sur un éperon rocheux, accrochant la lumière d’une façon qui m’a fait m’arrêter juste pour regarder. Je ne savais pas encore que je contemplais deux châteaux, et non un seul, construits par des cousins de la même famille qui, apparemment, ne supportaient pas de partager un toit, encore moins un rocher.

En grimpant dans les ruines, cette rivalité reste lisible dans la pierre. Les deux forteresses se penchent l’une vers l’autre, entrées séparées, tours séparées, un même rebord de falaise partagé et, visiblement, assez peu de bonne volonté partagée, et ce depuis le XIe siècle. Un incendie a tout ravagé en 1565, et personne n’a jamais pris la peine — ou n’en a eu les moyens — de tout reconstruire, si bien qu’il reste ce squelette ouvert, sans toit, que l’on peut librement traverser, des escaliers qui s’achèvent dans le ciel, des embrasures de fenêtres qui donnent sur la vallée de l’Ernz Blanche en contrebas.

The roofless stone towers of Larochette Castle seen from inside the ruins

Nous avons déjeuné ensuite sur un banc de la place du village, une simple assiette de Kniddelen que la dame du café nous a recommandée sans même que je le demande, et nous avons regardé les collines boisées du Mullerthal faire ce truc où elles se parent de trois nuances de vert différentes selon l’endroit où frappe le soleil. Plus tard, nous avons marché jusqu’au château de Deey, ce plus petit château du XIXe siècle qui fait aujourd’hui office de centre culturel — un bâtiment bien plus calme, bien plus ordonné, tout en volets et en symétrie, comme le petit frère sage de la ruine perchée sur la colline.

A quiet street in Larochette with the wooded Mullerthal hills rising behind the rooftops

Ce qui m’est resté de Larochette, ce n’est pas vraiment la grandeur — c’est une petite ville, et le château est une ruine, pas une restauration — mais son honnêteté. Personne n’a maquillé les dégâts de l’incendie ni reconstruit une version fantasmée du lieu. On grimpe à travers ce qu’il en reste vraiment, et cela suffit, étrangement, à rendre huit siècles de querelles familiales plus proches de nous qu’aucun musée bien astiqué ne pourrait jamais le faire.

Quand y aller : Nous vous conseillerions la période d’avril à octobre, lorsque les ruines sont ouvertes et que les sentiers qui traversent les collines environnantes sont assez secs pour en profiter pleinement.

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