La baie de Jounieh au crépuscule avec le téléphérique montant vers le sanctuaire de Harissa au sommet
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Jounieh

"Nulle part ailleurs je n'ai pris un téléphérique passant devant un casino pour rejoindre un sanctuaire — et trouvé les deux parfaitement sincères."

Une baie aux néons où un téléphérique grimpe au-dessus des casinos et des boîtes de nuit jusqu'à une statue blanche de la Vierge Marie qui veille calmement sur tout ça.

Le téléphérique qui monte du front de mer de Jounieh jusqu’au sanctuaire de Harissa, perché sur la colline, est sur le papier un attrape-touristes — une cabine qui vous hisse six cents mètres au-dessus de la baie dans de petites nacelles oscillantes. Dans les faits, ce sont dix des minutes les plus émouvantes que j’aie vécues au Liban. J’ai fait la montée par un après-midi dégagé, regardant la côte se dérouler en dessous — tours d’appartements, croissant de plage, bateaux traçant des lignes blanches sur l’eau — pendant qu’une vieille dame libanaise assise en face de moi récitait son chapelet à voix basse, totalement indifférente à la vue ou au fait que je l’observais.

Au sommet, la statue de Notre-Dame du Liban s’élève à quinze mètres sur un piédestal en forme de globe, blanche contre le ciel, visible depuis la majeure partie de la baie et, par temps clair, depuis l’autre rive à Beyrouth. Les pèlerins montent l’escalier intérieur à l’intérieur du socle pour se tenir à ses pieds ; j’ai fait de même, surtout par curiosité, et je suis resté plus longtemps que prévu à regarder des familles allumer des cierges dans la petite chapelle creusée dans la roche à ses côtés. Le complexe a cette atmosphère paisible et légèrement usée d’un lieu de pèlerinage authentique depuis plus d’un siècle, pas d’un monument construit pour les photos.

La statue blanche de Notre-Dame du Liban à Harissa surplombant la baie de Jounieh

En bas, au niveau de la mer, Jounieh est un tout autre animal — une bande de casinos, de boîtes de nuit et de restaurants de fruits de mer qui se remplit les soirs de week-end de Beyrouthins fuyant la capitale pour quelque chose d’un peu moins cher et d’un peu plus calme. J’ai dîné dans un restaurant du port de plaisance servant une dorade grillée si fraîche qu’elle avait à peine besoin du citron pressé dessus, et j’ai regardé les néons de la ville s’allumer un à un à mesure que la lumière baissait, la croix sur la colline restant faiblement éclairée bien après que le sanctuaire se soit vidé de ses visiteurs.

La promenade du front de mer de Jounieh illuminée la nuit avec ses restaurants et le port de plaisance en contrebas

Ce qui m’est resté, c’est ce contraste lui-même — le sacré et le profane empilés verticalement sur la même colline, ni l’un ni l’autre ne s’excusant, tous deux parfaitement chez eux dans un pays qui n’a jamais vraiment vu l’intérêt de devoir choisir.

Quand y aller : Toute l’année, même si les journées d’hiver dégagées offrent souvent les vues les plus nettes depuis le téléphérique. Les soirées de week-end du printemps à l’automne montrent la vie nocturne de Jounieh à son plus animé.