La colline herbeuse de l'île Kelor s'élevant au-dessus d'une plage de sable blanc et d'une eau turquoise
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Île Kelor (Pulau Kelor)

"Quinze minutes d'effort en sueur pour une vue qui a laissé Lia sans voix."

Une petite île inhabitée près de Labuan Bajo, avec une montée raide sur une colline herbeuse menant à l'une des plus belles vues panoramiques du parc national de Komodo.

Notre capitaine n’a même pas pris la peine d’ancrer correctement à Kelor : il a simplement échoué la proue dans les hauts-fonds et nous a annoncé qu’on avait quarante minutes avant de repartir vers l’étape suivante. J’aurais dû y voir le signe d’un détour rapide et mineur. Ce n’en fut rien. Kelor n’est presque qu’un point sur la carte, à environ trente-cinq minutes de bateau du port de Labuan Bajo, et elle n’a ni dragons, ni gardes forestiers, rien qu’on qualifierait d’attraction sur le papier. Ce qu’elle a, c’est une colline, raide, herbeuse et totalement exposée au soleil, et depuis son sommet le parc national de Komodo se déploie d’une façon qui me revient encore quand j’essaie de m’endormir.

La montée en elle-même est courte mais loin d’être douce — quinze, vingt minutes de terre meuble et de virages en épingle, presque sans ombre, et je me souviens de Lia marmonnant en espagnol qu’elle allait tuer celui qui avait choisi cet itinéraire, c’est-à-dire moi. Nous avions négligé l’eau pour aller plus vite, une erreur que je ne referai pas. Mais le sentier débouche sur un sommet chauve et herbeux, sans rien entre vous et une vue à 360 degrés, et les plaintes se sont arrêtées net. Rinca se dessinait dans la brume vers le sud, l’île de Florès s’étirait en crêtes vers l’est, et l’eau autour de Kelor faisait cette chose improbable qu’elle fait à Komodo, passant par six nuances de bleu selon la profondeur du récif en dessous.

View from the Kelor Island summit trail over the surrounding turquoise water and islands

Nous sommes redescendus changés, si on peut dire — chauds, poussiéreux, et prêts à simplement nous allonger un moment dans les hauts-fonds. C’est l’autre moitié de Kelor : le récif frangeant juste devant la plage est assez peu profond pour qu’on puisse y entrer avec un masque et commencer à voir du corail et de petits poissons à quelques mètres seulement du sable, sans bateau ni guide. J’ai trouvé un petit groupe de poissons-clowns nichés dans une anémone presque exactement à l’endroit où notre bateau nous avait déposés, ce qui m’a semblé être une drôle de récompense pour la montée.

White sand beach and shallow snorkeling reef on Kelor Island

Ce que j’ai le plus aimé à Kelor, avec le recul, c’est qu’elle ne cherche à être rien d’autre qu’elle-même. Ce n’est ni Komodo ni Rinca, avec leurs dragons et leur gravité ; ce n’est qu’une colline et une plage qui se trouvent être au milieu d’une des plus belles étendues d’eau que j’aie vues. La plupart des itinéraires en bateau la combinent avec un arrêt lever ou coucher de soleil à proximité, et si vous pouvez caler votre visite sur l’un ou l’autre de ces moments, faites-le : la lumière sur cette herbe devient presque dorée et toute la baie se met à briller.

Quand y aller : Privilégiez le début de matinée ou la fin d’après-midi, quand la lumière sur le sommet est la plus douce et la chaleur la plus clémente, et restez dans la saison sèche, entre avril et décembre, si vous voulez une vue claire et dégagée depuis le sommet.