Le palais Marmar au dôme vert de Ramsar entouré de jardins manucurés avec la mer Caspienne au loin
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Ramsar

"On aurait dit une station balnéaire européenne discrètement déménagée en lisière de forêt tropicale."

Une station balnéaire caspienne adossée à une forêt tropicale et desservie par des téléphériques, bâtie autour d'un palais des années 1930 et d'une plage de sable noir où les Iraniens passent leurs vacances depuis un siècle.

Ramsar est la station à la mode de la Caspienne iranienne depuis les années 1930, quand Reza Shah y a fait bâtir un palais et que la disposition de la ville, entre casino et promenade, a été pensée avec un regard visiblement emprunté aux stations balnéaires européennes. Le boulevard bordé de palmiers qui descend du centre-ville jusqu’à l’eau conserve encore cette élégance légèrement théâtrale, un peu déplacée — jardins manucurés, fontaines ornementales, une formalité qui semble importée plutôt qu’organique — et derrière tout cela, une dense forêt hyrcanienne verte grimpe directement les collines comme si la forêt cherchait à reprendre la ville.

Le palais Marmar

L’ancien palais royal, tout en toits à dôme vert et sols de marbre, fait désormais office de musée et se trouve à l’extrémité de la promenade principale, la mer juste devant lui. J’ai marché dans les jardins du palais en début de soirée, quand la lumière devient douce et dorée sur la Caspienne, et il était facile de comprendre pourquoi ce tronçon précis de côte avait été choisi pour une retraite royale : la combinaison de mer, de montagne et de forêt aussi proches les unes des autres est rare, même selon les standards géographiques déjà spectaculaires de l’Iran.

Le palais Marmar au dôme vert à Ramsar, avec des jardins à la française descendant vers le littoral caspien

Téléphérique vers la forêt hyrcanienne

Un téléphérique part de près du centre-ville pour monter vers les collines boisées au-dessus, traversant une dense végétation hyrcanienne — un type de forêt qui existe sous cette forme à peu près depuis des millions d’années et qui a survécu à la dernière ère glaciaire en restant largement intacte sur ce tronçon de l’Alborz. En haut, la vue s’ouvre sur toute la côte : les toits de Ramsar, la plage de sable noir, et la Caspienne s’étirant plate et bleu-gris jusqu’à l’horizon. La température baisse sensiblement dans la forêt même en été, et le passage de la ville balnéaire à l’air frais et vert de la montagne se fait en une quinzaine de minutes de téléphérique.

Vue depuis le téléphérique de Ramsar plongeant à travers une dense forêt hyrcanienne vers le littoral caspien

La plage elle-même

Les plages de Ramsar sont de sable volcanique noir, séparées selon les sexes comme le veut la loi iranienne pour toutes les plages publiques de la Caspienne, avec des sections distinctes et des écrans pour les zones de baignade féminines. Ce n’est pas une destination balnéaire au sens tropical du terme — l’eau reste fraîche même en août et le sable n’a rien de la texture douce et blanche habituelle — mais en tant que morceau d’histoire sociale et véritable beau tronçon de côte adossé à des montagnes, elle a mérité son siècle de vacanciers iraniens.

Quand y aller : De juin à août pour l’ambiance de station balnéaire à son maximum, une eau chaude et un téléphérique au plus clair. Le printemps apporte des pluies plus fortes mais une forêt plus spectaculaire, enveloppée de brume au-dessus de la ville, si une veste de pluie ne vous dérange pas.