La haute tour octogonale du capteur de vent du jardin de Dowlat Abad s'élevant au-dessus des cyprès et d'un bassin miroir
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Jardin de Dowlat Abad

"Trente-trois mètres de brique construits dans le seul but de rendre une pièce fraîche."

Un jardin persan de paradis construit autour du plus haut capteur de vent au monde, où la géométrie et l'ombre transforment la chaleur du désert en quelque chose de presque doux.

J’ai connu beaucoup d’endroits chauds depuis mon installation au Mexique, et je me suis découvert des opinions sur la climatisation que je n’aurais jamais imaginé avoir. Alors quand je me suis tenu sous le capteur de vent du jardin de Dowlat Abad et que j’ai senti un air réellement froid descendre d’un conduit construit dans les années 1750, sans la moindre électricité impliquée dans le processus, j’ai compris le respect de l’ingénierie d’une façon qu’aucune plaque de musée n’avait su m’inspirer.

Le plus haut capteur de vent au monde

Le badgir de Dowlat Abad s’élève à un peu plus de trente-trois mètres, le plus haut de son genre au monde, une tour octogonale en brique qui capte le vent de toute direction et le canalise vers le bas, à travers le bâtiment, au-dessus d’un petit bassin d’eau qui le rafraîchit avant qu’il n’atteigne la pièce en dessous. Je suis resté debout directement sous le conduit pendant près de dix minutes, et la sensation se rapproche davantage de celle d’être près d’une rivière que de quoi que ce soit de mécanique — une fraîcheur minérale et régulière, avec une légère odeur d’argile mouillée. Dehors, la chaleur estivale dépassait les 38 °C. À l’intérieur de cette seule pièce, il faisait suffisamment confortable pour que je n’aie plus envie de partir.

L'intérieur du pavillon du jardin de Dowlat Abad, sous le haut conduit du capteur de vent

La géométrie comme confort

Le jardin lui-même suit le tracé classique persan du chahar bagh — un axe central d’eau traversant des quadrants symétriques de cyprès, de grenadiers et de pins, avec un étroit canal-miroir qui double la longueur du pavillon dans le reflet de l’eau. Des vitraux aux teintes chaudes de rouge et d’ambre projettent une lumière colorée sur le sol en fin d’après-midi, et j’ai passé plus de temps que prévu à simplement regarder le motif se déplacer à mesure que le soleil descendait. C’est un petit site pour un jardin persan, qu’on parcourt aisément en quatre-vingt-dix minutes, mais il est conçu pour qu’on s’y attarde plutôt que pour qu’on le visite en vitesse.

Le bassin-miroir symétrique et l'allée bordée de cyprès du jardin de Dowlat Abad

Le confort privé d’un gouverneur

Le jardin fut commandité par Mohammad Taqi Khan, gouverneur de Yazd au dix-huitième siècle, comme résidence privée — un rappel que dans une ville où le désert vient presser directement contre les murs, le confort a longtemps été une forme de pouvoir. Seul quelqu’un disposant de moyens réels pouvait commander un exploit d’ingénierie dans le seul but de rendre une pièce supportable au mois d’août. En passant de la rue brûlante à ce pavillon rafraîchi, la logique de classe du lieu m’est apparue instantanément.

Quand y aller : N’importe quel moment de la journée convient, mais l’effet rafraîchissant du capteur de vent est le plus spectaculaire — et le plus apprécié — pendant les heures les plus chaudes d’un après-midi d’été, entre environ 13h et 16h.