La façade en gradins du Hong Kong Palace Museum surplombant le port Victoria au coucher du soleil
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Hong Kong Palace Museum

"Je me suis tenu devant une robe impériale vieille de cinq cents ans et j'ai pensé à quel point il est étrange qu'elle ait fini à trente minutes de ma chambre d'hôtel."

Neuf cents trésors impériaux prêtés par la Cité Interdite de Pékin, exposés dans un bâtiment qui réinterprète un palais à cour intérieure en verre et acier.

J’avoue avoir failli zapper le Hong Kong Palace Museum lors de mon dernier voyage, en supposant qu’il s’agirait d’une version diplomatiquement aseptisée de « l’importante histoire chinoise », chargée de textes muraux et légère en tout ce qui pourrait réellement m’émouvoir. J’avais tort dès la première salle. Le musée conserve près d’un millier d’objets prêtés à long terme par le Palace Museum de Pékin — la collection propre de la Cité Interdite — et le commissariat n’esquive pas la complexité. Il y a des robes cérémonielles brodées si finement qu’elles semblent faites à la machine jusqu’à ce qu’on s’approche assez près pour voir l’erreur humaine dans la couture, des sceaux impériaux gros comme le poing, et une salle entière consacrée à la façon dont les empereurs de la dynastie Qing utilisaient l’art comme outil de théâtre politique, ce qui m’a semblé étrangement familier d’une manière que je n’attendais pas d’un musée.

Céramiques impériales et objets cérémoniels exposés dans une galerie faiblement éclairée du Hong Kong Palace Museum

Le bâtiment, conçu par Rocco Yim, fait quelque chose de discrètement intelligent sur le plan architectural — sa forme empilée et en gradins est une réinterprétation moderne des cours et des seuils d’un palais chinois traditionnel, compressée dans une structure de neuf étages sur le front de mer de West Kowloon. On le ressent le plus dans l’atrium central, où une ouverture carrée traverse le bâtiment de part en part et encadre un morceau de ciel, faisant écho aux cours qu’on traverserait à l’intérieur de la véritable Cité Interdite. C’est le genre de geste architectural qui pourrait sembler gadget et qui, au contraire, se révèle véritablement émouvant, surtout après avoir passé une heure à regarder des objets sortis de ce même lieu physique.

Ce qui m’a le plus surpris, c’est la salle neuf, au dernier étage, dédiée à des artistes contemporains répondant à cette même collection impériale — un refus délibéré de laisser le musée devenir uniquement un monument du passé. Puis on sort sur la terrasse du toit, et tout se réinitialise : le port Victoria étalé en contrebas, porte-conteneurs et ferries se croisant, la ligne d’horizon de l’île de Hong Kong s’empilant de l’autre côté. Deux types d’histoire très différents se regardant l’un l’autre.

La vue sur le port Victoria et la ligne d'horizon de l'île de Hong Kong depuis la terrasse du toit du Hong Kong Palace Museum

Quand y aller : Les après-midis en semaine sont les plus calmes. Les expositions spéciales tournent tous les quelques mois et nécessitent souvent un billet séparé, alors vérifiez la programmation actuelle avant d’y aller. Combinez avec le M+ juste à côté pour un après-midi complet dédié à l’art et à la culture à West Kowloon.