Vue depuis le Kalalau Lookout au Koke'e State Park sur les crêtes verdoyantes de la vallée de Kalalau, avec des nuages qui dérivent entre les replis du relief.
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Koke'e State Park

"À mille deux cents mètres d'altitude, Kaua'i cesse d'être une plage pour devenir une forêt."

La forêt brumeuse des hauteurs au-dessus du Waimea Canyon — Kalalau Lookout, chants d'oiseaux endémiques et un climat qui donne l'impression d'être sur une autre île.

Tout le monde traverse Koke’e en route vers les points de vue du haut du Waimea Canyon, sans forcément réaliser que c’est un lieu à part entière — un plateau de forêt native perché à plus de mille deux cents mètres, qui ressemble moins à Hawaï qu’à un coin frais et humide quelque part dans le Pacifique Nord-Ouest. Lia l’a remarqué la première : la température qui chute d’une dizaine de degrés à mesure qu’on grimpe, l’odeur qui passe du sel à quelque chose de plus vert et de plus froid, et le fait qu’on ait tous les deux instinctivement cherché des vestes dont on n’avait eu besoin nulle part ailleurs sur l’île.

Kalalau Lookout par temps clair

La récompense, quand les nuages veulent bien coopérer, c’est le Kalalau Lookout — une vue plongeante droit dans la vallée de Kalalau, la même que celle où mène le sentier de la côte Nā Pali après onze miles éreintants, sauf qu’ici on l’obtient pour le prix d’une place de parking. On a eu de la chance. Les nuages se sont écartés pendant peut-être six minutes pendant qu’on était là, révélant des crêtes vertes cannelées plongeant vers un fin ruban d’océan au loin, avant de se refermer aussitôt comme un rideau qu’on tire. Un garde nous a expliqué plus tard qu’une vue dégagée tient plus du pile ou face que de la garantie.

Vue panoramique sur la vallée de Kalalau depuis le Kalalau Lookout, crêtes vertes cannelées et nuages s'écartant pour révéler l'océan au loin

Le marais d’Alaka’i et une autre façon de randonner

Au-delà des points de vue, Koke’e est une véritable base de randonnée — le sentier de l’Alaka’i Swamp traverse, sur des passerelles en bois, une forêt marécageuse qui compte parmi les écosystèmes les plus humides de la planète, refuge d’oiseaux mélliphages natifs qu’on ne trouve nulle part ailleurs sur Terre. On n’a pas aperçu les oiseaux que tout le monde espère voir — l’i’iwi et son improbable bec recourbé — mais on a entendu quelque chose dans la canopée que le garde a identifié plus tard, avec une satisfaction visible, comme un ‘apapane. Ça comptait quand même.

Passerelle en bois traversant la forêt marécageuse brumeuse d'Alaka'i Swamp, bordée d'une végétation native dense

Le musée et le lodge

Le petit Koke’e Natural History Museum près du lodge vaut bien les dix minutes qu’on lui consacre — une collection modeste et sans prétention de spécimens naturalisés et de cartes de randonnée, tenue par des bénévoles qui aiment visiblement l’endroit bien plus que le bâtiment ne le mérite. On a déjeuné ensuite sur la terrasse du lodge, emmitouflés dans les vestes qu’on avait fini par admettre être nécessaires, à regarder les nuages accomplir leur lent travail au-dessus du rebord du canyon en contrebas.

Quand y aller : Toute l’année, mais attendez-vous à des nuages et de la pluie à tout moment — c’est l’un des endroits les plus humides de l’île. Les matinées, surtout en été, offrent les meilleures chances d’avoir une vue dégagée depuis les points de vue avant que les nuages de l’après-midi ne s’installent.