Vue depuis Kalaupapa Lookout sur Molokai, montrant la péninsule en contrebas et d'imposantes falaises maritimes verdoyantes le long de la côte
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Kalaupapa Lookout

"Pas besoin du sentier pour comprendre l'échelle des lieux. Il suffit du bord de cette falaise."

Le belvédère surplombant la côte nord de Molokai, où la péninsule et les plus hautes falaises maritimes du monde apparaissent ensemble dans un cadre impossible, sans avoir besoin de descendre à dos de mule.

Tout le monde ne peut pas, ou ne veut pas, descendre les 26 lacets jusqu’à la colonie de Kalaupapa — les permis sont limités, le sentier des mules est saisonnier, et la remontée dans l’humidité hawaïenne n’a rien d’une plaisanterie. Le belvédère résout un problème différent : il offre la géographie sans la descente, et honnêtement, il m’a offert des choses que le sentier ne m’a pas données.

Debout au-dessus de toute l’histoire

Le belvédère se trouve le long de la Kalae Highway de Molokai, à une courte marche d’un petit parking, à travers des filaos qui étouffent le vent jusqu’à ce qu’on débouche sur la pointe. Puis tout s’ouvre d’un coup — la péninsule étalée près de six cents mètres plus bas, une langue de terre verte poussée depuis la base de falaises qui continuent de grimper derrière vous, et l’océan qui déroule son lent mouvement bleu jusqu’à l’horizon.

Vue plongeante depuis Kalaupapa Lookout sur la péninsule en contrebas, sur la côte nord de Molokai

Un panneau explicatif résume l’histoire en quelques courts paragraphes — l’exil forcé des malades de la lèpre de Hansen à partir de 1866, l’isolement que ces falaises furent choisies pour imposer. Lire ce texte en regardant droit vers le bas ces falaises accomplir exactement ce pour quoi elles avaient été choisies m’a frappé différemment que si je l’avais lu dans un musée. Ici, c’est le paysage lui-même qui est la source principale.

Ce que la distance produit

J’y suis monté en fin de matinée, quand la lumière était plate et peu flatteuse, et j’en suis content — la splendeur aurait été le mauvais ton à adopter. Ce qui m’a frappé, c’est plutôt le silence. Pas de bruit de foule, pas de boutique de souvenirs, juste le vent dans les filaos et l’appel occasionnel d’un oiseau que je n’ai pas su identifier. Lia est restée assise sur un rocher longtemps sans rien dire, ce qui est rare chez elle.

Filaos encadrant la vue sur le bord de la falaise à Kalaupapa Lookout, avec l'océan Pacifique en arrière-plan

Si vous avez un permis pour la péninsule elle-même, venez d’abord à ce belvédère. Voir la forme complète du lieu depuis le haut change la façon dont on vit ensuite la marche à travers ses terres — on sait déjà à quel point c’est enclavé, à quel point la géographie a été utilisée délibérément.

Quand y aller : N’importe quand dans l’année — c’est un belvédère, pas une randonnée, donc la météo compte bien moins ici que pour le sentier en contrebas. Les matinées offrent généralement des ciels plus dégagés avant que les nuages de l’après-midi ne s’accumulent au-dessus des falaises ; venez tôt si les photos vous importent.