Le Gros-Horloge, horloge astronomique, enjambant une rue pavée de Rouen avec la flèche de la cathédrale au fond
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Rouen

"C'est le genre de ville où un simple coin de rue finit par avoir trois siècles différents empilés les uns sur les autres."

Une ville au bord de la Seine, aux rues à colombages et à la flèche de cathédrale qui fut, pendant quelques années, le plus haut édifice du monde, bâtie juste au-dessus de l'endroit où Jeanne d'Arc fut brûlée.

Rouen nous a surpris. Nous l’avions prévue comme une étape entre Paris et la côte, une seule nuit, et nous avons fini par réorganiser le reste du voyage pour lui en accorder deux, surtout parce que l’enchevêtrement de rues à colombages de la vieille ville ne cessait de se déployer davantage à chaque fois que nous pensions en avoir atteint la limite.

Une horloge, une cathédrale et l’obsession de Monet

Le Gros-Horloge, une horloge astronomique Renaissance encastrée dans une arcade qui enjambe la rue du même nom, rythme le temps de Rouen depuis le XIVe siècle, avec sa seule aiguille dorée et son cadran peint indiquant la phase de la lune en plus de l’heure, ce qui m’a semblé une priorité étrangement poétique pour une horloge publique. Quelques rues plus loin, la Cathédrale Notre-Dame de Rouen a brièvement porté le titre de plus haut édifice du monde après l’achèvement de sa flèche en fonte en 1876, et c’est sa façade que Monet a peinte plus de trente fois dans les années 1890, depuis une chambre de l’autre côté de la place, traquant la manière dont sa pierre changeait de couleur au fil de la journée. Debout à peu près à l’endroit où se serait tenu son chevalet, la cathédrale semble en effet toujours changer selon la lumière : gris pâle sous un ciel plat, presque dorée sous le soleil de fin d’après-midi que nous avons eu la chance de voir.

L'horloge astronomique Renaissance du Gros-Horloge enjambant une rue pavée de Rouen

La place où Jeanne d’Arc est morte

La Place du Vieux-Marché est l’endroit où Jeanne d’Arc a été brûlée vive en 1431, jugée et condamnée par un tribunal ecclésiastique sous contrôle anglais après avoir été capturée alors qu’elle menait les forces françaises contre l’occupation anglaise. Une église moderne, l’Église Sainte-Jeanne-d’Arc, se dresse aujourd’hui sur les lieux, sa toiture délibérément façonnée en forme de flammes, et une simple croix marque l’emplacement approximatif du bûcher sur la place, à l’extérieur. C’est étrange de se tenir dans une place de marché animée, pleine de terrasses de café et de gens mangeant des huîtres à des tables en plein air, exactement là où cela s’est produit. Nous nous sommes nous-mêmes attablés avec une assiette d’huîtres ce soir-là, un peu mal à l’aise face à cette juxtaposition mais reconnaissants malgré tout, et nous avons ensuite déambulé dans la Rue du Gros-Horloge et les ruelles à colombages alentour jusqu’à ce que les boutiques ferment autour de nous.

Maisons à colombages bordant une rue étroite près de la Place du Vieux-Marché à Rouen

Quand y aller : Le printemps et l’automne sont idéaux pour flâner dans la vieille ville sans la foule estivale, et le festival de Jeanne d’Arc fin mai, les Fêtes Jeanne d’Arc, vaut la peine qu’on cale une visite autour de ces dates si le calendrier le permet.

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