Les tourelles ornées du Palais Bénédictine s'élevant au-dessus des toits de Fécamp, avec les falaises de craie en arrière-plan
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Fécamp

"Je ne m'attendais pas à ce qu'une distillerie de liqueur soit le bâtiment le plus extravagant de toute cette côte, et pourtant."

Un port de pêche en activité sur la Côte d'Albâtre qui cache discrètement un palais de style néo-Renaissance construit uniquement pour garder la recette d'une liqueur d'herbes.

Fécamp ne cherche pas particulièrement à être jolie, et je le dis comme un compliment. C’est un vrai port de pêche, autrefois l’une des plus grandes bases françaises de pêche à la morue, avec des bateaux qui filaient jusqu’à Terre-Neuve, et le port sent encore le vrai travail. Puis on tourne au coin d’une rue près du centre-ville et le Palais Bénédictine apparaît, un bâtiment absurde, magnifique, tourelé, de style néo-Renaissance, qui semble s’être échappé de la vallée de la Loire et perdu sur la côte normande.

Un palais construit pour une recette secrète

Le Palais Bénédictine a été construit dans les années 1880 par Alexandre Le Grand, un négociant en vins de la région qui avait redécouvert une vieille recette de liqueur d’herbes supposément mise au point par les moines bénédictins de l’abbaye de Fécamp au XVIe siècle et perdue après la Révolution française. Plutôt que de bâtir une usine discrète, il a commandé un palais néo-gothique et néo-Renaissance extravagant pour abriter à la fois la distillerie et sa collection d’art personnelle, mêlant production industrielle et spectacle public d’une manière qui, en le parcourant, semblait vraiment en avance sur son temps. La recette elle-même — un mélange de vingt-sept plantes et épices, distillé puis vieilli — n’est encore connue que d’une poignée de personnes, et la visite se termine, très logiquement, par un bar de dégustation. Nous sommes repartis avec une bouteille dont nous n’avons toujours pas vraiment trouvé l’usage, à part la boire pure après le dîner.

La façade en pierre sculptée et les tours ornées de la distillerie du Palais Bénédictine à Fécamp

Des falaises, une abbaye et de la morue qui a traversé un océan

Au-dessus de la ville, la Falaise d’Amont grimpe jusqu’à une petite chapelle et un monument aux marins perdus en mer, et la vue depuis là-haut embrasse toute la courbe du port et les falaises de craie qui s’étirent vers l’est, en direction d’Étretat. L’autre grand titre de gloire de Fécamp est l’Abbatiale de la Trinité, une abbatiale romane et gothique élancée qui abritait autrefois une relique censée contenir des gouttes du sang du Christ, attirant des pèlerins pendant des siècles avant que le commerce de la pêche n’éclipse totalement l’activité de pèlerinage. Nous avons terminé la journée de retour au port, à regarder un petit chalutier décharger des caisses de poisson sur le quai, une scène qui devait ressembler, à peu de choses près — hormis les camions frigorifiques —, à ce qu’elle était à l’époque où les bateaux de Fécamp traversaient l’Atlantique pour aller pêcher la morue.

La chapelle sur la falaise et le mémorial aux marins sur la Falaise d'Amont au-dessus du port de Fécamp

Quand y aller : Venez en dehors du pic estival pour profiter plus tranquillement du palais et du port. La lumière de fin d’après-midi sur la Falaise d’Amont, avec la ville en contrebas, vaut la peine qu’on organise une promenade autour d’elle.

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