Falaises de grès rouge et terres agricoles verdoyantes le long de la côte de Cavendish, à l'Île-du-Prince-Édouard
← Canada

Cavendish

"Je suis venu pour le décor du roman et je suis resté pour les falaises, qui ont honnêtement surpassé le livre."

La côte de grès rouge et la ferme qui ont inspiré Anne… la maison aux pignons verts, aujourd'hui intégrées à un parc national de dunes et à certaines des plus belles plages de l'Île-du-Prince-Édouard.

J’avoue être arrivé à Cavendish légèrement sceptique — une petite ville construite presque entièrement autour de l’héritage d’un roman, ça pouvait facilement basculer dans le parc à thème. Ce n’est pas vraiment le cas, et la raison, c’est Green Gables Heritage Place elle-même, la ferme qui appartenait aux cousins de L.M. Montgomery et qui lui a servi de modèle pour la maison d’Anne Shirley dans « Anne… la maison aux pignons verts ». Parcs Canada l’entretient avec une vraie retenue — les pièces sont meublées sobrement selon l’époque, le sentier boisé du Haunted Wood et Lover’s Lane, tout autour, sont préservés comme des chemins non manucurés à travers bouleaux et épinettes plutôt que comme des attractions bichonnées, et en les parcourant un matin de semaine tranquille, avec encore de la brume sur l’herbe, j’ai compris pourquoi des générations de lecteurs ont fait ce pèlerinage. Montgomery a grandi tout près et s’est directement inspirée de ce paysage ; la maison, l’allée, les bois ne sont pas des reconstitutions, ce sont les sources véritables.

Ce qui m’a le plus attiré, cela dit, c’est le littoral. Cavendish se trouve sur la côte nord de l’Île-du-Prince-Édouard, là où les falaises de grès rouge qui définissent toute la province atteignent l’un de leurs tronçons les plus spectaculaires, s’érodant sans cesse sous les assauts du golfe du Saint-Laurent. J’ai marché le long d’une section du sentier côtier du parc national de l’Île-du-Prince-Édouard à marée basse et j’ai vu un petit pan de falaise s’effondrer dans les vagues, un rappel que ce littoral se réécrit continuellement — on ne regarde jamais la même falaise que celle qu’auraient pu voir nos parents.

La ferme de Green Gables entourée d'arbres d'automne à Cavendish

Les dunes et la plage

Le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard protège une longue étendue de plage à travers Cavendish, adossée à l’un des systèmes de dunes les plus hautes et les plus fragiles de l’île, stabilisées par de l’ammophile qu’on vous demande fermement de ne pas piétiner — les passerelles en planches existent pour une bonne raison, puisqu’une seule dune piétinée peut mettre dix ans à repousser. La plage elle-même incarne la combinaison classique de l’Île : du sable fin teinté de rouge, une eau réellement chaude au cœur de l’été pour cette latitude, grâce au golfe peu profond et réchauffé par le soleil, et un ciel qui vire à un orange-rose spectaculaire au coucher du soleil au-dessus de l’eau. J’ai nagé début août et c’était la baignade en mer la plus chaude que j’aie faite au nord des Carolines, ce dont personne ne vous prévient avant d’y aller.

Une passerelle en planches traversant de hautes herbes de dune vers la plage, dans le parc national de l'Île-du-Prince-Édouard

Au-delà du livre

Cavendish, en plein été, assume aussi son côté ville touristique — des parcours de mini-golf, une petite grappe d’attractions familiales, des stands de crème glacée tous les quelques centaines de mètres — et il y a une forme d’honnêteté là-dedans aussi, puisque les familles de l’Île y passent leurs vacances depuis des générations et que la ville s’adresse autant à elles qu’aux pèlerins littéraires. J’ai trouvé cet équilibre charmant plutôt qu’agaçant : une matinée à Green Gables, un après-midi sur les dunes, et une soirée à regarder des enfants en maillot de bain se courir après autour d’un parcours de mini-golf illuminé au néon.

Quand y aller : juillet et août pour une baignade chaude et l’expérience de plage la plus complète ; fin septembre offre des promenades plus fraîches et plus tranquilles le long des falaises, les foules étant depuis longtemps reparties.