Canmore
"Canmore, c'est ce qui arrive quand une ville minière obtient une seconde chance et décide de bien la dépenser."
Une ancienne ville minière de charbon à l'entrée du parc national Banff, aujourd'hui le camp de base plus tranquille, moins cher et magnifiquement sans prétention des Rocheuses pour ceux qui sortent réellement dehors.
Je me suis retrouvé à m’installer à Canmore plutôt qu’à Banff presque par hasard — l’hôtel était moins cher et les avis mentionnaient sans cesse que c’était « vingt minutes plus proche de la vraie vie », quoi que ça puisse vouloir dire. Ça voulait dire ceci : Canmore est une ville active qui se trouve avoir à son embouchure la vallée la plus photogénique des Rocheuses canadiennes, et elle a conservé assez de ses aspérités non polies pour ne pas ressembler à un décor de station. Des épiceries qui vendent de vraies courses. Une quincaillerie. Des habitants qui skient avant le travail plutôt qu’après avoir posé leurs valises à l’hôtel.
La ville doit son existence au charbon — des mines y ont fonctionné des années 1880 jusqu’en 1979, et les anciennes infrastructures minières restent visibles si l’on sait où regarder, nichées parmi les nouveaux magasins d’équipement de plein air et les brasseries qui se sont installés une fois les mines fermées et les Rocheuses devenues le nouveau produit. La transition n’a été ni instantanée ni indolore ; des gens à qui j’ai parlé dans un café de Main Street se souvenaient d’une ville qui a failli mourir dans les années quatre-vingt, avant que les Jeux olympiques de Calgary de 1988, qui y ont tenu leurs épreuves nordiques, ne donnent à Canmore une raison de se réinventer autour des sentiers plutôt que des veines de charbon.

Les Three Sisters et la vie sans les foules
Les sommets des Three Sisters dominent chaque vue depuis la ville — trois sommets reliés qui ressemblent, selon la lumière, soit à un portrait de famille soit à un avertissement. J’ai gravi une partie du Ha Ling Peak un matin, un sentier en lacets abrupt qui gagne six cents mètres en moins de quatre kilomètres, et la récompense était une vue plongeant droit dans la vallée de la Bow vers Banff, sans les problèmes de stationnement de Banff en prime. C’est là toute la vraie valeur de l’endroit : un paysage montagneux presque identique à celui de son célèbre voisin, une fraction du prix, et des départs de sentiers où l’on peut réellement se garer sans arriver avant le lever du soleil.
Canmore est devenue une sorte de capitale officieuse de la course en sentier et du vélo de montagne au Canada, et l’ambiance le reflète — moins de cars de touristes, plus de gens en chaussures de randonnée bien rodées comparant leurs impressions sur l’état des sentiers. J’ai dîné un soir dans une brasserie où le barman, entre deux services, a dessiné toute la ligne de crête des Three Sisters sur une serviette pour m’expliquer quel itinéraire prendre le lendemain. Ce genre d’expertise décontractée est partout ici, offerte sans même qu’on la demande.

Quand y aller : De juin à septembre pour la randonnée et le vélo de montagne, avec moins de foule que le village de Banff même en pleine saison. L’hiver apporte le ski de fond sur les sentiers hérités des Jeux olympiques et une alternative de forfait de remontée nettement moins chère si vous acceptez de conduire vingt minutes jusqu’aux stations.