Ruelle sablonneuse de Praia do Forte bordée de bâtiments blancs bas et de cocotiers menant vers l'Atlantique
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Praia do Forte

"Une ville balnéaire qui a décidé, il y a des décennies, que les tortues comptaient autant que les touristes."

Un ancien village de pêcheurs devenu station balnéaire éco-consciente sur la Côte des Cocotiers, construit autour du travail de conservation des tortues marines du Projeto Tamar et du charme balnéaire, sobre et facile à parcourir à pied, parmi les plus attachants de Bahia.

Praia do Forte se trouve à une heure et demie au nord de Salvador, sur la bien nommée Côte des Cocotiers, et il m’a fallu à peine vingt minutes sur place pour remarquer ce qui manquait : pas de tours, pas d’immeubles en front de mer projetant leur ombre sur le sable dès 15 heures. Le village a délibérément plafonné sa propre croissance, et cela se voit dans chaque bâtiment blanc et bas qui borde la principale rue de sable, l’Alameda do Sol, où j’ai mangé un acarajé à un étal de rue pendant que Lia négociait (mal) un hamac dont elle n’avait pas besoin.

Le Projeto Tamar

La raison pour laquelle beaucoup de Brésiliens font le déplacement n’est pas la plage — c’est le Projeto Tamar, un projet de conservation marine fondé en 1980 qui a transformé ce littoral, autrefois lieu de braconnage systématique des œufs de tortues marines, en l’un des programmes de conservation des tortues les plus réussis au monde. Le centre d’accueil se trouve directement sur la plage, avec des bassins où l’on peut observer de près des tortues caouannes, vertes et imbriquées juvéniles, et un petit musée présente les cinq espèces qui nichent le long de ce tronçon de Bahia entre septembre et mars. C’est ce cas rare de tourisme de conservation qui semble mérité plutôt que théâtral — le projet est venu en premier, les visiteurs sont venus ensuite.

A juvenile sea turtle in a shallow conservation pool at Projeto Tamar in Praia do Forte

Les bassins de récif et le vieux Castelo

À marée basse, des formations récifales naturelles emprisonnent des bassins chauds et peu profonds le long de la plage — certains assez profonds pour nager, assez calmes pour que les familles y laissent les tout-petits sans inquiétude. Nous avons passé un après-midi entier à passer paresseusement d’un bassin à l’autre comme s’il s’agissait de pièces d’une maison, la houle atlantique se brisant sans danger contre la ligne de récif extérieure, une centaine de mètres plus loin. Au-dessus du village, les ruines du castelo du XVIe siècle de Garcia D’Ávila — l’une des plus anciennes structures coloniales du Brésil — s’effondrent au ralenti au milieu de bovins en pâture, un contraste étrange et silencieux avec la plage de carte postale en contrebas.

Shallow natural reef pools at low tide along the beach in Praia do Forte

Un rythme tranquille

Ce qui m’est resté, c’est à quel point tout le village semblait paisible sans jamais être endormi. Des rondes de capoeira se forment spontanément près de la place de l’église la plupart des soirs, les restaurants servent la moqueca dans des plats en terre cuite à un rythme qui présuppose que vous n’avez nulle part ailleurs où être, et les rues de sable font qu’aucun bruit de moteur n’interrompt le son des vagues. C’est une introduction à Bahia plus douce et plus facile que l’intensité de Salvador, et une bonne étape de décompression avant ou après celle-ci.

Quand y aller : De septembre à mars, la saison coïncide avec la nidification des tortues, quand le travail du Projeto Tamar est le plus visible. De juin à août, le climat est plus sec et plus frais, mieux adapté aux bassins de récif, sans l’affluence de la haute saison.