Le village étroit de Caburé bâti sur une langue de sable au coucher du soleil, des pousadas en bois d'un côté faisant face à la rivière calme et l'océan visible de l'autre côté de la bande de sable
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Caburé

"Caburé est à peine assez large pour avoir deux côtés, et chacun vous montre un Brésil complètement différent."

Un village de sable étiré entre l'océan et le fleuve Preguiças, accessible uniquement par bateau, où les anacardiers poussent de travers et où le spectacle du coucher de soleil n'a aucune concurrence.

Caburé est d’abord une curiosité géographique avant d’être quoi que ce soit d’autre : une étroite bande de sable, par endroits large de guère plus de deux cents mètres, avec les eaux calmes du Rio Preguiças d’un côté et l’Atlantique déchaîné qui martèle l’autre. On n’y accède qu’en bateau, un trajet de quarante minutes en aval depuis Barreirinhas, passant des berges de mangrove et, parfois, un pêcheur solitaire maniant son épervier dans le courant.

Un village aux deux eaux différentes

Ce qui m’a frappé en premier, c’est à quel point les deux rives se comportaient différemment. Le côté fleuve est lisse et tiède, des bateaux amarrés en rang bien ordonné, des enfants qui nagent juste au pied des jetées en bois devant la poignée de pousadas du village. Marchez cinq minutes à travers la langue de sable, dépassant des anacardiers courbés presque à l’horizontale par des décennies de vent marin, et vous voilà soudain face à un vrai ressac — une large plage atlantique sauvage, presque déserte, où le bruit des vagues est si fort qu’on n’entend plus du tout le côté fleuve.

A cashew tree bent sideways by onshore wind on the narrow sand spit at Caburé, ocean visible in the distance

Nous avons passé une journée entière à alterner — une heure à flotter dans les hauts-fonds calmes du fleuve, puis une marche jusqu’au côté océan pour se laisser secouer par de vraies vagues, aller-retour, jusqu’à ce qu’aucun de nous ne sache plus vraiment de quel côté nous avions commencé. Le village est assez petit pour que cette boucle ne demande aucune organisation. On marche simplement vers le son qu’on a envie d’entendre.

Vin d’anacarde et coucher de soleil sans spectateurs

L’autre spécialité discrète de Caburé est la cajuína, une boisson douce et légèrement tannique préparée à partir de jus de pomme de cajou clarifié, vendue froide en bouteilles de verre par presque chaque petite cuisine du village. Nous l’avons bue avec un dîner de poisson grillé à une table posée directement sur le sable, côté fleuve, tandis que la lumière passait du blanc à l’or puis à un rose profond que l’eau captait et retenait pendant ce qui semblait vingt minutes sans hâte. Il n’y a ici aucune foule concurrente pour le coucher de soleil comme sur la dune de Jeri — seulement les habitants du village et la poignée de visiteurs venus en bateau, tous tournés dans la même direction sans dire grand-chose.

Sunset reflecting pink and gold light across the calm river side of Caburé, small boats silhouetted near the shore

Quand y aller : De juillet à décembre pour un temps de saison sèche fiable et des traversées de fleuve plus calmes depuis Barreirinhas. En dehors de ces mois, vérifiez auprès de votre batelier — une forte pluie peut rendre le fleuve plus agité que la courte distance ne le laisse penser.