Une locomotive à vapeur d'époque de La Trochita traversant la steppe patagonienne dorée au pied des Andes près d'Esquel
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Esquel

"La Trochita avance à la vitesse d'une conversation qu'on ne veut pas voir finir."

Une ville andine sans chichi du Chubut, où un vieux train à vapeur transporte encore des touristes à travers la steppe patagonienne.

Esquel ne cherche pas à séduire, et c’est précisément ce que j’ai aimé chez elle. Après la perfection carte postale de Bariloche, quelques heures plus au nord, arriver dans cette ville andine bien réelle m’a fait l’effet d’un grand souffle relâché. Lia et moi sommes descendus du bus dans un quadrillage de rues sans prétention, des boutiques de laine de mouton, et une toile de fond montagneuse que personne n’avait pris la peine de mettre en valeur. C’est une ville qui existe d’abord pour ses habitants. Les touristes viennent en second, et je le dis comme un compliment.

À bord de La Trochita

La raison pour laquelle la plupart des gens font ce détour, c’est La Trochita — le vieux Patagonian Express — un chemin de fer à voie étroite construit dans les années 1940 pour desservir les estancias exportatrices de laine avant que les routes ne rendent les distances raisonnables. Il assure encore un court trajet touristique au départ d’Esquel, et y monter ressemblait moins à visiter une pièce de musée qu’à voyager dans le temps à bord d’une machine bien vivante. Les wagons sont lambrissés de bois, chauffés par un poêle ventru, et tout le train cahote à un rythme qui rend vingt kilomètres aussi longs qu’un après-midi entier bien employé. J’ai adoré chaque instant de cette lenteur.

The vintage wood-paneled interior carriage of La Trochita steam train

Lia a engagé la conversation avec le conducteur, un homme qui travaillait sur cette ligne depuis plus de vingt ans, et il lui a raconté que le train avait failli fermer définitivement dans les années 1990, avant que des habitants et des passionnés de chemins de fer ne se battent pour maintenir au moins ce tronçon en vie. En l’écoutant, j’ai compris que le train, ce n’est pas vraiment une question de destination — il revient d’ailleurs à son point de départ — c’est une question de protéger quelque chose qui refuse de disparaître en silence.

La ville tout autour

Au-delà du chemin de fer, Esquel est aussi un tremplin vers le Parque Nacional Los Alerces, une cathédrale d’alerces millénaires et de lacs turquoise qui ne reçoit qu’une fraction des foules de Bariloche. Nous ne sommes pas allés jusque-là lors de ce voyage, mais le propriétaire de la pension où nous logions en parlait avec cette fierté tranquille que les habitants réservent aux choses qu’ils n’ont pas besoin de faire valider par des étrangers. En ville, nous avons mangé un asado d’agneau dans une parrilla familiale où le feu brûlait manifestement depuis le matin, et l’odeur de fumée nous a suivis jusqu’à l’hôtel.

A quiet street in Esquel with the Andes mountains rising behind town

Quand y aller : De décembre à mars pour la meilleure météo et le calendrier complet du train, même si La Trochita assure un service réduit pendant les saisons intermédiaires. J’y suis allé en janvier, avec des journées chaudes et des nuits froides et claires — idéal pour une ville qui récompense ceux qui prennent leur temps.