Plage de sable blanc et cocotiers sur l'îlot de Tepuka avec le lagon turquoise de Funafuti en arrière-plan
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Îlot de Tepuka

"Pas de ponton, pas d'abri, pas de wifi — juste Lia, une glacière, et l'eau la plus transparente dans laquelle j'aie jamais plongé le visage."

Un banc de sable inhabité, planté de cocotiers et bordé de corail, au cœur du lagon de Funafuti, accessible seulement en bateau ouvert et en toute tranquillité.

Nous avons quitté Vaiaku un peu après neuf heures, le pilote coupant le moteur de temps en temps pour qu’on puisse regarder, à travers la coque transparente, les têtes de corail défiler sous nous comme des toits vus depuis un avion. Tepuka n’était qu’une tache basse à l’horizon pendant tout le trajet, à peine un trait vert au-dessus du lagon, et ce n’est qu’à environ deux cents mètres que j’ai réalisé à quel point l’îlot est minuscule — on pourrait le traverser de bout en bout dans le temps qu’il faut pour finir un café. C’est justement cette petitesse qui le rend si différent de Fongafale. Pas de route principale qui bourdonne derrière soi, pas de camions-citernes, pas de clôtures. Juste du sable, des cocotiers penchés selon des angles improbables, et le bruit du récif qui s’active de l’autre côté.

Nous avions emporté le déjeuner et deux litres d’eau chacun, car personne ne vit à Tepuka et il n’y a rien à acheter sur place — un détail que notre guide a répété deux fois avant qu’on parte, sur le ton de quelqu’un qui a déjà dû faire demi-tour en bateau pour une bouteille d’eau oubliée. J’ai aimé ça. Ça oblige à vraiment anticiper sa journée plutôt que de compter sur un frigo ou un café à l’ombre qui nous attendrait. Nous avons mangé du riz et du maquereau en conserve sous un cocotier vers midi, Lia se plaignant en riant du sable dans le riz, et c’était sans doute l’un des meilleurs repas que j’aie faits à Tuvalu, précisément parce qu’il n’y avait nulle part ailleurs où être.

Snorkeler swimming over healthy coral reef in the clear lagoon water off Tepuka

Le snorkeling est la vraie raison pour laquelle on fait la traversée, et il mérite amplement sa réputation. Comparé au récif juste au large de Fongafale, qui paraissait un peu fatigué près de la chaussée, le corail au large de Tepuka était dense et grouillant de vie — des poissons-perroquets broutant en bancs, un requin de récif qui est passé sans nous prêter la moindre attention, des formations de corail corne-de-cerf empilées de façon à me donner envie de rester là à flotter pendant une heure, ce que j’ai à peu près fait. Lia a trouvé une petite raie à points bleus qui se reposait dans le sable près du tombant, et elle est remontée à la surface en soufflant d’excitation dans son tuba — un son très particulier et très drôle.

Weathered coastline showing sand erosion and exposed roots along Tepuka's shoreline

Mais ce qui m’est resté plus longtemps que le snorkeling, c’est d’avoir marché ensuite le long du rivage et remarqué à quel point la marge est mince ici — des racines mises à nu là où le sable a reculé, quelques cocotiers renversés au bord de l’eau qui, selon notre guide, n’étaient pas là il y a quelques années à peine. C’est l’un de ces îlots vers lesquels les chercheurs reviennent sans cesse quand ils parlent de ce à quoi ressemble concrètement la montée des eaux, non pas comme une projection abstraite mais comme une érosion lente que l’on peut désigner du doigt. Debout là, ça n’avait rien d’un cours magistral ; ça avait plutôt l’allure de quelque chose qu’on nous montrait avec calme et honnêteté, et c’est peut-être pour ça que ça a d’autant plus marqué.

Quand y aller : Privilégiez la période de mai à octobre, la saison la plus sèche et la plus calme de Tuvalu, quand la traversée du lagon se fait en douceur et que l’eau reste assez claire pour que le snorkeling en vaille vraiment la peine.