Debeli Rtič
"Le dernier promontoire avant l'Italie, et le tronçon de côte le plus tranquille du pays."
Un promontoire boisé tout au bord du littoral slovène, où falaises de flysch, crique de galets et dernière étendue avant la frontière italienne restent presque entièrement pour soi.
Debeli Rtič se trouve à l’endroit où le court littoral slovène finit par s’épuiser — un promontoire boisé à une courte marche après Ankaran, assez proche de la frontière italienne pour que les réseaux téléphoniques hésitent parfois sur le pays où je me trouvais. Il n’apparaît dans la plupart des itinéraires côtiers, ce qui explique exactement pourquoi j’y suis allé. Nous sommes arrivés à vélo, en sueur et un peu perdus, après nous être trompés de route près de la marina d’Ankaran, et nous avons trouvé un parc boisé protégeant l’une des dernières étendues de côte non aménagées de tout le littoral adriatique du pays.
Une falaise dont on peut vraiment s’approcher
Le promontoire est une autre formation de flysch, plus modeste et moins spectaculaire que celle de Strunjan, mais son échelle fait justement tout son charme — une falaise discrète, sans hâte, le long de laquelle on peut marcher tout au bord sans la moindre barrière ni guichet. La pinède descend presque jusqu’à l’eau, et le sentier qui la traverse fait davantage penser à une réserve naturelle méditerranéenne de France ou de Corse qu’à tout ce que j’associais à la Slovénie avant ce voyage.

La crique pour laquelle personne ne se bat
Sous le promontoire se niche une étroite crique de galets, accessible par un court escalier, qui le jour de semaine estival où nous l’avons visitée n’accueillait guère plus d’une douzaine de personnes en tout. Il y a aussi une petite station de biologie marine ici — Debeli Rtič sert de site de recherche et de réhabilitation, notamment pour des tortues marines récupérées dans l’Adriatique, depuis les années 1970 — ce qui donne à tout le promontoire un sentiment un peu plus utile qu’une plage touristique ordinaire.

Le point de vue pour lequel on est venu
Depuis la pointe du promontoire, par temps clair, on peut voir le golfe de Trieste s’incurver jusqu’à la côte italienne et, si la brume veut bien coopérer, le contour des Alpes Juliennes tout au fond. C’est une vue modeste selon des critères spectaculaires, mais c’est le genre de point de vue qui récompense la patience plutôt qu’une photo rapide — nous sommes restés assis presque une heure à regarder la lumière changer sur l’eau.
Quand y aller : Les matins de semaine, à n’importe quel moment de mai à septembre, sont les moments où Debeli Rtič est le plus vide. Il reçoit une modeste affluence le week-end venue de Koper et d’Ankaran toute proches, mais jamais rien qui approche ce que connaît Piran même en semaine.
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