Celje
"Pendant un temps, les comtes qui régnaient depuis cette colline n'étaient qu'à un mariage d'une couronne européenne."
La troisième ville de Slovénie, jadis gouvernée par une dynastie qui a failli devenir royauté européenne, toujours gardée par la plus grande ruine de château médiéval du pays.
On ne parle pas beaucoup de Celje en dehors de la Slovénie, ce qui est étrange étant donné que, pendant environ un siècle, cette ville fut le siège d’une famille qui a frôlé le véritable pouvoir européen. Les comtes de Celje — devenus plus tard princes — se sont élevés de la noblesse locale jusqu’à se marier dans les lignées du Luxembourg et des Habsbourg avant que la dynastie ne s’éteigne brutalement en 1456, et la ville garde encore une certaine assurance tranquille qui semble s’en souvenir.
Le Château au-Dessus de Tout
Le vieux château de Celje, Stari grad, se dresse sur une crête boisée au-dessus de la ville et constitue, en superficie, la plus grande ruine de château de Slovénie — pas la plus intacte, mais la plus étendue, une véritable forteresse plutôt qu’une simple tour avec un mur. Nous y sommes montés par un après-midi chaud, dépassant des courtines effondrées pour entrer dans la tour Friderik, que l’on peut gravir pour une vue sur la vallée de la Savinja qui vaut la sueur dépensée : la rivière qui tranche les collines vertes, les toits de terre cuite de la ville en contrebas, et les Alpes brumeuses à l’horizon si le jour est assez clair.

Il y a une petite exposition à l’intérieur consacrée aux comtes de Celje et à leurs armoiries — trois étoiles d’or sur fond bleu, un motif qui a plus tard trouvé sa place sur le drapeau et les pièces de monnaie slovènes, ce que je ne savais pas avant qu’un guide sur place ne le mentionne presque en passant.
Une Ville Bâtie sur le Commerce
En bas, dans le vieux centre, Celje possède une grille compacte et élégante de rues autour de Krekov trg et de l’ancien hôtel de ville du comté, moins policée que Ljubljana mais avec son propre charme sans hâte. Nous nous sommes égarés dans le Musée régional de Celje, installé dans un ancien palais princier, et avons trouvé une salle d’objets de l’époque romaine qui m’a rappelé que l’histoire de la ville remonte bien plus loin que les comtes — c’était Celeia sous Rome, un centre provincial important, et les mosaïques et les pierres exposées rappellent à quel point le passé de cette vallée est stratifié.

Nous avons dîné dans un petit restaurant près de la rivière, et je me souviens que Lia a fait remarquer que Celje donnait l’impression d’une ville qui vit vraiment sa propre vie plutôt que de jouer un rôle pour les visiteurs — pas de boutiques de souvenirs vendant les mêmes aimants, juste des gens qui vaquent à un mardi soir ordinaire. C’était un bon rappel que les plus petites villes de Slovénie n’ont pas besoin de forcer.
Quand y aller : De la fin du printemps au début de l’automne pour les meilleures vues du château et les soirées chaudes sur les terrasses en bord de rivière. Le domaine du château accueille aussi un festival d’été avec des concerts, si vous tombez bien.