Gwalior Fort's massive sandstone ramparts rising above the city at sunset
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Gwalior

"Babur l'appelait la perle des forteresses de l'Inde, et debout sous ses murailles, je n'ai pas pu lui donner tort."

Un fort perché sur une colline, si redoutable qu'un empereur moghol l'a surnommé la perle des forteresses, gardant des palais aux carreaux bleus et la tombe du plus grand musicien de l'Inde.

Le fort de Gwalior s’annonce des kilomètres à l’avance, un mur de grès courant le long de la crête d’une colline sur près de trois kilomètres, et on comprend sans peine pourquoi l’empereur moghol Babur, pourtant habitué à conquérir des fortifications, l’a désigné dans ses mémoires comme “la perle des forteresses de l’Inde”. Je m’en suis approché à pied par la route escarpée qui serpente sous les remparts, et plus je m’en rapprochais, moins le fort ressemblait à une simple structure et davantage à une petite montagne que l’on aurait simplement fortifiée plutôt que bâtie.

Le fort a changé de mains plus souvent que la plupart des monuments indiens — Tomars, Moghols, Marathes, Britanniques — et chaque dynastie y a laissé quelque chose plutôt que d’effacer ce qui existait avant, ce qui explique pourquoi l’ensemble se lit moins comme un bâtiment cohérent que comme un registre en strates de qui contrôlait le centre de l’Inde à tel ou tel siècle.

Carreaux bleus et un père de la musique

Le palais de Man Singh, construit par le souverain tomar Man Singh Tomar à la fin du XVe siècle, est le point d’orgue architectural du fort, son extérieur portant encore des plaques du carrelage turquoise et jaune d’origine représentant éléphants, paons et bananiers en céramique émaillée — une technique décorative assez rare dans l’architecture des palais indiens pour que les conservateurs traitent les plaques survivantes comme réellement précieuses. À l’intérieur, le palais descend vers des chambres souterraines qui servaient à la fois de refuges frais contre la chaleur et, selon une histoire locale plus sombre, de cellules de prison à l’époque moghole, dont l’une où un prince moghol aurait été détenu.

The turquoise and yellow glazed tilework on the exterior of Man Singh Palace at Gwalior Fort

En bas, dans la ville sous le fort, j’ai visité la tombe de Tansen, l’un des neuf joyaux légendaires de la cour d’Akbar et largement considéré comme le père de la musique classique hindoustanie, à qui l’on attribue le développement de plusieurs ragas encore joués aujourd’hui. La tombe se trouve dans un jardin paisible à côté du sanctuaire du saint soufi Muhammad Ghaus, et chaque mois de décembre, le site accueille le Tansen Sangeet Samaroh, un festival de musique classique qui attire des artistes de toute l’Inde venus chanter sous un tamarinier réputé adoucir la voix de quiconque mâche ses feuilles — une superstition que les musiciens d’ici prennent encore assez au sérieux pour la tenter réellement.

The tomb of Tansen set within a quiet garden in Gwalior, father of Hindustani classical music

Quand y aller : D’octobre à mars, pour un temps assez frais pour affronter confortablement la longue montée à travers le fort. Essayez de caler votre visite autour du Tansen Sangeet Samaroh en décembre si la musique classique vous attire — c’est l’un des rares festivals d’Inde entièrement bâti autour d’un héritage musical plutôt que d’une pratique religieuse.