Devantures colorées et étals de lei le long de Maunakea Street, dans le Chinatown d'Honolulu
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Chinatown Honolulu

"Personne ne vient à Hawaï pour ça. Je crois que c'est exactement pour ça que ça vaut le coup d'y venir."

Herboristes, étals de lei et une balade artistique du First Friday dans les quinze pâtés de maisons qui ressemblent le moins à l'idée que l'on se fait d'Hawaï — et qui n'en sont que meilleurs.

Chinatown, ce sont ces quinze minutes d’Honolulu qu’aucune carte postale ne vous prépare à voir — pas de palmiers pour cadrer la photo, pas d’océan en vue, seulement des rues étroites d’herboristes, d’étals de lei, de bars mal famés et un marché de producteurs qui fonctionne depuis les années 1900. J’y suis allé en pensant faire un tour rapide, et j’y suis resté presque tout un après-midi.

Maunakea Street à l’aube

Les étals de lei sur Maunakea Street ouvrent absurdement tôt, certains avant 6 heures du matin, enfilant à la main du plumeria et du pikake pour des mariages et des remises de diplômes prévus le jour même. Je me suis arrêté chez une femme qui confectionnait des leis à ce coin de rue depuis plus de trente ans, et j’ai regardé ses doigts se déplacer parmi les fleurs plus vite que je ne pouvais suivre le motif. Un petit lei m’a coûté huit dollars — moins cher, et nettement plus frais, que tout ce qui se vend dans les boutiques des hôtels de Waikiki à quelques kilomètres de là.

Leis de plumeria et de pikake fraîchement confectionnés suspendus à un étal de fleurs de Chinatown

Le marché qui n’est pas fait pour les touristes

L’Oahu Market et les étals voisins du Kekaulike Market vendent des choses dont je ne connaissais même pas le nom — margose amère, poissons vivants encore agités dans des bacs peu profonds, seiche séchée au kilo, herbes en bouquets pour des tisanes qu’un herboriste du coin prescrirait à la main. C’est ici qu’une bonne partie des restaurants d’Honolulu s’approvisionnent réellement, et les prix reflètent une clientèle locale plutôt que touristique. J’ai acheté un sac de litchis pour moins cher que ce que j’aurais payé pour trois fruits dans une boutique d’hôtel.

First Friday, et le quartier après la tombée de la nuit

Une fois par mois, tout le quartier se transforme en balade artistique en plein air — galeries, vendeurs éphémères et une ambiance de fête de rue qui attire une foule que Chinatown ne voit pas le reste du mois. Nous nous trouvions là par hasard le bon vendredi, et cela a complètement transformé le quartier : des bars devant lesquels j’étais passé en les jugeant louches à 14 heures débordaient sur le trottoir avec de la musique live à 21 heures. Les vieux immeubles de Nu’uanu Avenue, dont certains datent de la reconstruction des années 1900 après l’incendie de Chinatown, prennent un caractère totalement différent une fois éclairés la nuit par rapport au soleil plat de midi.

Foule nocturne et guirlandes lumineuses le long de Nuuanu Avenue pendant la balade artistique du First Friday

Quand y aller : Visitez les marchés de produits et de lei tôt le matin, avant 9 heures, quand ils sont les plus animés et les plus frais. Calez votre visite sur le premier vendredi du mois si vous voulez la balade artistique. Restez vigilant comme dans n’importe quelle grande ville après la tombée de la nuit en dehors du First Friday — certaines parties du quartier deviennent vraiment plus rudes une fois les boutiques fermées.