Les parois calcaires imposantes du canyon s'élevant au-dessus de la rivière à El Boquerón
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Canyon d'El Boquerón

"Les parois du canyon se resserrent jusqu'à ce que le ciel ne soit plus qu'une mince ligne bleue au-dessus de la tête, et le batelier arrête de pagayer pour qu'on entende le silence."

Un canyon calcaire près de Río Dulce qu'on ne peut voir qu'à la pagaie, avec des parois si abruptes que le ciel se réduit à un mince ruban bleu au-dessus de la tête.

Nous avons loué le cayuco à un ponton un peu branlant, à un court trajet de tuk-tuk de la ville de Río Dulce — un canoë en bois creusé, guidé par un local qui a à peine parlé pendant le premier tronçon, couvert par le bruit du courant. La rivière est large et sans grand relief au début, bordée de pâturages à bétail et de quelques cabanes de pêcheurs, et je me souviens m’être demandé si ce n’était pas encore une de ces excursions locales survendues. Puis les berges ont commencé à s’élever. Lentement, puis d’un coup, des parois calcaires ont grimpé des deux côtés jusqu’à soixante, quatre-vingts mètres au-dessus de nos têtes, des lianes et des racines de figuiers retombant le long de la roche, la rivière se resserrant en un couloir à peine assez large pour laisser passer deux bateaux.

Le silence au point le plus étroit

Au point le plus profond du canyon, notre guide a complètement arrêté de pagayer et a laissé le bateau dériver. Il n’a rien dit — il a juste levé un doigt, et j’ai compris. Le son a presque totalement disparu : aucun oiseau sur ce tronçon, pas de vent, juste l’eau qui clapotait doucement contre la coque et de temps en temps une goutte tombant des surplombs rocheux au-dessus. J’ai levé les yeux et le ciel s’était réduit à une mince ligne bleue et éclatante entre deux parois de pierre sombre. C’est le genre d’échelle que les photos ne captent jamais vraiment — il faut ressentir sa propre petitesse, assis tout au fond d’un canoë en bois, écrasé des deux côtés, pour vraiment le mesurer.

Wooden cayuco canoe drifting through the narrow limestone gorge

Une baignade sous les falaises

À mi-parcours, les guides amènent les bateaux sur un banc de graviers où l’eau forme un bassin profond et calme, et tout le monde descend pour se baigner. Je m’attendais à une eau tiède comme celle du fleuve et j’ai eu droit à un vrai choc de froid — les parois du canyon maintiennent ce tronçon à l’ombre presque toute la journée, et l’eau y est assez profonde pour que le soleil atteigne à peine le fond. Flotter sur le dos, les yeux fixés sur la roche qui s’élève des deux côtés, avec des martinets filant à travers cette étroite bande de ciel, valait à lui seul tout le voyage. Certains guides montrent aussi une petite grotte annexe un peu plus loin, accessible seulement en pataugeant, où la rivière a creusé une modeste caverne dans le calcaire.

Travelers swimming in a still pool beneath the canyon's shaded cliff walls

C’est une excursion facile d’une demi-journée depuis Río Dulce ou Livingston, et je la combinerais avec un déjeuner dans l’un des restaurants flottants près du pont — poisson grillé, Gallo bien fraîche, à regarder le trafic de bateaux qui donne à toute cette voie d’eau des allures d’autoroute plus que de nature sauvage.

Quand y aller : La saison sèche (de novembre à avril) pour une eau plus calme et une meilleure visibilité pendant la baignade. Partez le matin avant que le trafic de bateaux de l’après-midi ne s’intensifie, tant que la lumière du canyon est encore douce.