The black volcanic coastline of Pointe-Noire with cliffs meeting the Caribbean Sea
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Pointe-Noire

"On y est allés pour les sculpteurs de bois, on est restés pour le bruit des vagues sur la roche noire."

Un village d'ébénistes battu par les vents sur la côte de sable noir de Basse-Terre, où l'histoire du cacao et la tradition du bois pèsent plus lourd que le tourisme.

On a failli passer tout droit devant Pointe-Noire. Lia lisait la carte sur son téléphone et a dit un truc du genre « il y a un musée du bois dans vingt minutes », et j’ai bien failli continuer vers Deshaies parce que c’est là qu’on te dit toujours d’aller sur la côte ouest de Basse-Terre. Heureusement qu’on ne l’a pas fait. La route serpente le long des falaises tout au long du trajet, et quand on s’est garés près du centre, j’avais déjà l’impression qu’on venait de trouver la partie de la Guadeloupe qu’on ne met jamais sur les cartes postales.

La Maison du Bois était la raison de notre arrêt, et ça s’est révélé être un de ces petits musées qui en disent plus qu’on ne l’imaginerait. Pointe-Noire est un village d’ébénistes depuis des générations, taillant meubles et instruments dans du gommier et de l’acajou tirés des forêts environnantes, et on sent cette histoire dans l’odeur des ateliers avant même de lire un panneau. Un artisan plus âgé travaillait un tour au fond de la salle pendant notre visite, et il a à peine levé les yeux, comme si les touristes de passage faisaient simplement partie du bruit ambiant de sa journée.

Wood carving tools and mahogany furniture pieces inside the Maison du Bois workshop

De là, on a marché jusqu’au port, qui n’est en réalité qu’une poignée de barques de pêche échouées sur du sable volcanique noir, rien à voir avec les marinas soignées plus au sud. Lia voulait ensuite voir la Maison du Cacao, et j’avoue y être entré surtout pour la dégustation de chocolat gratuite à la fin, mais j’en suis ressorti en réalisant à quel point la culture du cacao avait été centrale pour toute cette région, bien avant que le rhum ne s’empare de la réputation de l’île. Debout sur ce sable noir ensuite, les falaises se dressant derrière nous, on comprenait tout de suite pourquoi cette côte a un visage si différent de celui de Grande-Terre : ici, c’est un sol volcanique, brut et sombre, alors que l’autre versant de l’île repose sur un ancien récif corallien.

Small fishing boats resting on the black sand beach at Pointe-Noire harbor

On est finalement restés plus longtemps que prévu, à manger du poisson grillé sur une table en plastique près du port pendant que la lumière virait à l’orange sur l’eau. C’est un village qui ne joue pas la comédie pour les visiteurs, et c’est exactement ce qui m’a plu : Pointe-Noire semblait appartenir aux gens qui taillent le bois et remontent les filets, et nous n’avions que la chance de passer par là.

Quand y aller : Nous y sommes allés pendant la saison sèche, entre décembre et mai, et je recommande la même période : la route côtière du versant au vent de Basse-Terre peut devenir difficile pendant les mois plus pluvieux, et un ciel dégagé rend les vues depuis les falaises d’autant plus belles.