Vagues s'écrasant contre des promontoires rocheux sombres le long du Wild Pacific Trail près d'Ucluelet
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Ucluelet

"Ucluelet n'essaie pas d'être Tofino, et à quarante minutes sur la même route, c'est précisément pour ça que ça fonctionne."

La voisine plus tranquille et plus brute de Tofino sur le même tronçon de littoral pacifique, construite autour de l'observation des tempêtes, d'un port actif et d'un sentier sauvage en bord de falaise plutôt que du vernis d'une ville de surf.

Tous ceux à qui j’avais parlé avant ce voyage avaient un avis sur Tofino. Presque personne ne mentionnait Ucluelet, qui se trouve à l’autre bout de la même courte bretelle d’autoroute menant au parc national Pacific Rim, et qui, je le pense maintenant, a été lésée par ce silence. Là où Tofino a des écoles de surf et une scène de restaurants pour laquelle les gens prennent l’avion, Ucluelet — les habitants disent simplement « Ucluelet » ou, plus souvent, « Ukee » — a encore l’allure d’une ville de pêche où le tourisme est arrivé, plutôt que d’une ville construite autour du tourisme depuis le début. Le port compte de vrais bateaux à crabes amarrés à côté des embarcations d’observation des baleines. La rue principale a une seule épicerie qui fait l’essentiel du commerce de la ville. C’est plus brut, plus tranquille, et je me suis surpris à la préférer précisément pour ces raisons.

Un sentier conçu pour le mauvais temps

Le Wild Pacific Trail est la véritable fierté d’Ucluelet, un réseau de sentiers en bord de falaise qui serpentent le long du promontoire exposé à l’extrémité de la péninsule, conçu spécifiquement pour vous rapprocher des pires humeurs de l’océan plutôt que pour vous en protéger. J’ai parcouru la boucle du phare par une journée de vent marin sérieux, les vagues détonant contre la roche noire dans une violence lente et rythmée vingt mètres sous le sentier, des cèdres et pruches rabougris par le vent, courbés en permanence sur le côté par des décennies d’exactement ce temps-là. Il y a un phare à Amphitrite Point, encore en service, qui avertit les navires de ce littoral depuis 1915, et debout à côté de lui dans ce vent, il était facile de comprendre pourquoi il devait exister — ce promontoire a réclamé assez de navires au cours des deux derniers siècles pour que les eaux au large soient parfois appelées le cimetière du Pacifique.

Cèdres courbés par le vent le long du Wild Pacific Trail en bord de falaise avec des vagues se brisant sur les rochers en contrebas

Tempêtes, baleines, et un port qui fonctionne encore

Ucluelet embrasse la saison des tempêtes avec moins de théâtre que Tofino mais tout autant d’enthousiasme, et les mois d’hiver ici apportent les mêmes systèmes du Pacifique, vus depuis une ville qui semble moins mise en scène pour l’occasion — on regarde depuis le sentier ou une fenêtre en bord de port plutôt que depuis le salon conçu d’un hôtel. Le printemps et l’automne rapprochent la migration des baleines grises de la côte, et les bateaux partent directement du port actif plutôt que d’un quai touristique dédié, partageant l’espace avec les casiers à crabes qu’on charge pour la journée. J’ai fait l’une de ces sorties sous une bruine légère, le bateau tanguant doucement, et j’ai vu une baleine grise faire surface deux fois à une distance qui semblait déraisonnablement proche, la guide commentant sur ce même ton tranquille qu’elle utilisait probablement pour la quarantième fois de la semaine.

Baleine grise faisant surface près d'un petit bateau d'excursion dans des eaux agitées au large d'Ucluelet

Le surf existe ici aussi, simplement sans les foules ni la réputation de Tofino — Wickaninnish et Florencia Bay attirent une clientèle plus restreinte et plus locale, et l’eau reste dans les deux cas le même Pacifique froid et chargé d’algues. Ce qu’Ucluelet offre, au final, c’est la même bordure sauvage de l’île, en version sourdine, ce qui, après quelques jours d’énergie tofinoise, m’a semblé exactement le bon registre pour clore le voyage.

Quand y aller : De novembre à février pour une véritable observation des tempêtes sans les foules. De mars à avril, la migration des baleines grises se rapproche de la côte, et c’est sans doute la meilleure saison de la ville dans l’ensemble.