Lagon de mangrove à Umm Al Quwain, aux eaux calmes et aux îlots de mangrove verts et bas
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Umm Al Quwain

"J'ai roulé quarante minutes depuis Dubaï et je me suis retrouvé dans un endroit qui a décidé, délibérément, de ne pas devenir Dubaï."

L'émirat le plus tranquille des Émirats arabes unis, où un lagon de mangroves et un passé de ville perlière ont survécu presque intacts à l'énergie tape-à-l'œil de la skyline de Dubaï.

Umm Al Quwain n’essaie pas de rivaliser, et c’est précisément ce refus qui fait tout son charme. C’est l’émirat le moins peuplé des sept, coincé entre Ajman et Ras Al Khaimah sur la côte nord, et il semble être resté ainsi presque exprès. Pas de skyline à proprement parler, pas de tours à la marque tapageuse, pas d’îles artificielles. Ce qu’il offre à la place, c’est un lagon, quelques bâtiments hérités de l’époque perlière, et un calme qui m’a presque désorienté après des semaines dans le bourdonnement permanent de Dubaï. Je me souviens m’être assis sur la corniche au crépuscule, le seul bruit étant celui de quelques hérons se disputant dans les mangroves, en me disant : tout cela à quarante minutes d’une ville en train de construire le plus haut immeuble du monde.

Le caractère ancien de la ville se voit surtout autour du lagon et des tours de guet délabrées près du fort, vestiges d’une économie perlière qui a jadis fait la richesse de cette côte, bien avant que le pétrole ne redéfinisse les priorités de tous. Umm Al Quwain n’a jamais eu beaucoup de pétrole, ce qui explique en partie pourquoi il est resté modeste — mais cette même absence a préservé quelque chose que les émirats plus grands ont perdu, un rythme plus lent, plus maritime, qui n’a rien à prouver.

Le lagon et l’île d’Al Sinniyah

Le lagon de mangroves est le meilleur atout, bien gardé, de l’émirat, un réseau de chenaux de marée bordés de mangroves denses qui abritent flamants roses, hérons et une belle population de gazelles arabiques de l’autre côté de l’eau, sur l’île d’Al Sinniyah. J’ai pris un kayak à travers les chenaux par une matinée immobile, et l’eau était si peu profonde et si claire que je pouvais voir de petites raies glisser sous la coque. C’est une balade authentiquement paisible — pas de jet-skis, pas de foule, juste des racines de mangroves et, de temps à autre, le clapotis d’un poisson qui rompt la surface.

Kayak gliding through calm mangrove channels near Al Sinniyah Island at Umm Al Quwain

Une ville perlière, encore visible

En marchant dans la vieille ville près du fort, on peut encore retracer les contours de l’économie perlière qui a bâti cette côte — des bâtiments en pierre de corail, des tours de guet positionnées pour repérer aussi bien les pillards que les plongeurs rivaux, et un petit musée qui ne reçoit pas beaucoup de visiteurs mais récompense ceux qui s’y arrêtent. J’ai eu l’endroit pour moi seul un mardi après-midi, ce qui m’a semblé moins tenir de la chance que du réglage par défaut de l’émirat.

Old coral-stone watchtower and heritage buildings along the Umm Al Quwain waterfront

Quand y aller : de novembre à mars pour des températures agréables pour le kayak et la promenade dans la vieille ville. Le lagon est le plus calme, et le plus propice à l’observation de la faune, tôt le matin.