Une île balayée par le vent au large de la côte du Sharqiyah, où les kitesurfeurs traquent des rafales estivales fiables et où des milliers de tortues caouannes viennent pondre sur le rivage.
Se rendre à Masirah demande des efforts, ce qui explique précisément pourquoi presque personne ne s’en donne la peine. On roule trois heures au sud de Mascate jusqu’au port continental de Shannah, on attend un ferry pour voitures qui suit son propre horaire sans se presser, et l’on traverse quarante minutes de chenal ouvert avant que la silhouette plate et couleur kaki de l’île n’émerge de la brume. Lia a dormi pendant presque toute la traversée. Je suis resté à la rambarde et j’ai regardé un banc de dauphins accompagner le bateau pendant dix minutes, ce qui m’a paru un accueil tout à fait honorable.
Une île façonnée par le vent
La caractéristique qui définit Masirah ne se révèle pas avant qu’on se tienne sur ses plages orientales — un vent régulier et puissant qui arrive chaque été, de juin à septembre, et qui fait de l’île une destination de kitesurf encore méconnue mais reconnue dans le milieu. Nous étions là en intersaison et il soufflait déjà assez fort pour me sabler les chevilles. Une petite communauté dévouée de kitesurfeurs loue du matériel depuis quelques camps de plage près du village de Hilf, et l’eau reste peu profonde sur des kilomètres, permettant aux débutants de s’exercer debout.

Les tortues arrivent la nuit
L’autre raison de faire la traversée se présente après la tombée de la nuit. Masirah accueille l’une des plus grandes populations de tortues caouannes venant pondre dans tout l’océan Indien, et sur les plages reculées du sud et de l’est de l’île, les femelles se hissent sur le sable durant les mois d’été pour y creuser leurs nids. Nous avons participé à une marche nocturne lente et silencieuse avec un guide local — lampes à filtre rouge uniquement, longues plages de silence — et avons regardé une caouane de la taille d’un pneu de voiture recouvrir ses œufs de mouvements lents et déterminés de ses nageoires arrière. Personne n’a parlé avant qu’elle ne reparte vers la mer.
Plate, vide, et très bien comme ça
Loin des camps de kite, Masirah se résume surtout à des villages de pêcheurs, des marais salants, et des routes filant droit vers l’horizon sans rien de part et d’autre. Nous avons loué un pick-up cabossé et parcouru la boucle côtière en une après-midi, nous arrêtant partout où une plage semblait belle — ce qui arrivait souvent.

Quand y aller : De juin à septembre pour le vent et le kitesurf ; de juillet à septembre spécifiquement pour le pic de ponte des tortues. Apportez vos propres provisions — l’île dispose de peu de commerces.
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