Un village côtier paisible à l'embouchure de son propre khor privé, et l'un des meilleurs détours en 4x4 de tout le Musandam.
Nous avons découvert Lima presque par accident, en suivant une piste de gravier que notre agence de location avait marquée sur une carte papier du seul mot « difficile », sans autre précision. La route grimpe et redescend à travers une série de virages en épingle taillés dans la roche nue, sans glissière ni véritable accotement, avant de plonger soudain vers un village posé à l’embouchure de son propre khor — cousin plus étroit et plus silencieux des fjords où tout le monde se précipite du côté de Khasab.
Le khor dont personne ne parle
L’anse de Lima n’a pas le trafic de bateaux que connaît Khor ash-Sham plus au nord, et cette absence change toute la texture de l’endroit. Nous sommes arrivés à marée basse un après-midi de semaine et avions tout le rivage pour nous — une eau turquoise si immobile qu’elle reflétait les falaises à l’identique, quelques petits bateaux de pêche tirés sur la plage de galets, et un silence rompu seulement par le cri occasionnel d’un oiseau résonnant contre les parois rocheuses. Deux pêcheurs locaux nous ont proposé de nous emmener dans leur bateau pour une fraction du prix d’une excursion en boutre depuis Khasab, et nous avons passé une heure à dériver le long de falaises qui plongeaient directement dans une eau assez claire pour voir des poissons six mètres plus bas.

Y arriver fait partie du voyage
La route elle-même mérite qu’on s’y attarde. Depuis l’axe principal de Khasab, elle serpente en épingles à travers un terrain calcaire brut qui prend des allures presque lunaires sous la lumière crue de midi — aucune végétation, aucune couleur en dehors de la roche grise et du ciel pâle, jusqu’à ce que la route se courbe soudain et que l’eau apparaisse loin en contrebas. Lia n’arrêtait pas de me demander de m’arrêter pour des photos tous les quelques centaines de mètres, et je cédais à chaque fois, si bien qu’un trajet censé durer quarante minutes en a pris près de deux heures.

Un 4x4 à haute garde au sol est vraiment nécessaire ici, pas une simple suggestion — la piste comporte des sections de gravier meuble et de longs tronçons sans réseau téléphonique, donc ce n’est pas un détour à tenter seul sans provisions suffisantes et le plein d’essence.
Quand y aller : De novembre à mars, quand les températures sont assez douces pour rendre la route et le temps passé sur l’eau agréables. Évitez d’emprunter la route après la pluie ; les sections de gravier se dégradent et deviennent réellement dangereuses.
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