The white-sand beach and turquoise water of Sainte-Anne with fishing boats anchored offshore
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Sainte-Anne

"On était venus pour un après-midi de plage, on est restés trois jours parce que personne ne voulait être celui qui proposerait de partir."

Un village de pêcheurs à la pointe sud de la Martinique, où sable blanc, marché dominical parfumé au rhum et voiliers en partance pour Sainte-Lucie se rencontrent.

Nous sommes arrivés à Sainte-Anne en fin d’après-midi, quand la lumière devient douce et dorée sur l’eau, et je me souviens de Lia penchée à la fenêtre de la voiture disant que ça sentait le sel et le poisson grillé avant même qu’on ait garé la voiture. C’est un petit endroit, en vérité juste une poignée de rues autour d’une place, mais il se trouve à la pointe la plus au sud de la Martinique, et on sent cette impression de bout du monde dès l’arrivée. Le village fut fondé au XVIIe siècle, nommé d’après une chapelle bâtie par les premiers colons, et cette histoire reste lisible dans le rythme tranquille de l’endroit — des pêcheurs qui raccommodent leurs filets à l’ombre, des vieux qui jouent aux dominos devant la boulangerie, personne pressé d’être ailleurs.

On s’est retrouvés sur la place un dimanche matin presque par hasard, en suivant l’odeur du café et le son d’une radio qui passait du zouk, et on s’est retrouvés au milieu du marché qui s’installe autour de l’Église Sainte-Anne. L’église elle-même est un joli édifice créole du XIXe siècle, murs blancs sobres et clocher qui capte le soleil du matin, et le marché qui débordait tout autour regorgeait de choses que je n’avais pas prévu d’acheter — un pot de miel local, une bouteille de rhum que je n’ai toujours pas ouverte parce qu’elle me semble mériter une vraie occasion, des bottes de ciboulette et de piments habanero achetées à une femme qui a insisté pour que je sente tout avant de payer.

Vendors and baskets of produce at the Sunday market beside Église Sainte-Anne

Mais la vraie raison pour laquelle les gens viennent, et la raison pour laquelle on n’arrêtait pas de prolonger notre séjour, c’est la Grande Anse des Salines, cette longue bande de sable blanc juste au sud du village. Elle se trouve dans une réserve littorale protégée gérée par le Conservatoire du littoral, et ça se voit — les palmiers penchent exactement comme il faut, il n’y a pas un centimètre de béton près du rivage, et l’eau traverse une bonne demi-douzaine de nuances de bleu avant de devenir profonde. Lia a nagé au-delà des bouées un matin pendant que je restais sur le sable avec une noix de coco qu’un type venait de m’ouvrir à la machette, et j’ai regardé quelques voiliers glisser au loin en direction du Rocher du Diamant, planté au large comme sorti d’une carte postale à laquelle on ne croit qu’une fois qu’on l’a vue de ses propres yeux.

Sailboats anchored near Diamond Rock off the coast near Sainte-Anne

À notre dernière soirée, on avait pris nos habitudes — café sur la place, baignade aux Salines, rhum au coucher du soleil à regarder les bateaux en partance pour Sainte-Lucie charger avant la traversée. Sainte-Anne n’est pas un endroit avec une longue liste de choses à faire, et c’est justement pour ça qu’il a été si difficile d’en partir.

Quand y aller : viser décembre à avril, la saison sèche que l’on appelle ici le Carême — les mers sont plus calmes, le soleil plus fiable, et la plage des Salines mérite chaque once de sa réputation.