L'extérieur du sanctuaire de Maximón à San Andrés Itzapa, au Guatemala, orné de rubans colorés et d'offrandes
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San Andrés Itzapa

"Je n'avais jamais vu un saint recevoir une cigarette allumée et un verre de rhum, et je pense que je ne reverrai ça nulle part ailleurs qu'ici."

Une ville des hautes terres bâtie autour d'un sanctuaire dédié à Maximón, le saint populaire fumeur de cigare qui mêle sans complexe rituel maya et imagerie catholique.

La fumée m’a saisi avant même que je ne franchisse la porte — épaisse d’encens de copal, de fumée de cigarette, et de quelque chose de plus sucré en dessous que j’ai appris plus tard être le rhum versé en offrande. San Andrés Itzapa, une modeste ville kaqchikel non loin de Chimaltenango, abrite le sanctuaire le plus important du Guatemala dédié à Maximón, parfois appelé San Simón — un saint populaire qui n’est ni tout à fait maya ni tout à fait catholique, vêtu d’un costume et d’un chapeau, trônant dans une pièce sombre où les fidèles viennent demander des faveurs allant de la guérison à la vengeance.

À l’intérieur du sanctuaire

La photographie y est restreinte et je n’ai pas insisté, mais la scène mérite qu’on essaie de la décrire : Maximón est assis bien droit sur une chaise au centre de la pièce, un effigie de bois vêtu de vrais habits — cravates, écharpes, parfois des lunettes de soleil, selon qui l’a habillé cette semaine-là — avec un cigare allumé perpétuellement entre les lèvres et des assistants prêts à le rallumer. Les visiteurs s’approchent dans une sorte de file lâche, chuchotant leurs requêtes, allumant des bougies de couleurs précises liées à des souhaits précis (rouge pour l’amour, vert pour l’argent, noir pour quelque chose de plus sombre), et laissant à ses pieds des offrandes de rhum, de cigarettes ou de pièces.

Bougies colorées et offrandes de bouteilles de rhum disposées au sol près d'un autel de sanctuaire à San Andrés Itzapa

Syncrétisme, pas contradiction

J’ai discuté ensuite avec une femme qui vendait des bougies à l’extérieur, et qui m’a expliqué, sans la moindre trace de gêne, que prier Maximón et assister à la messe le lendemain matin n’étaient pas du tout des actes contradictoires pour elle — il s’agit d’une foi construite à partir de cinq siècles de rituel maya façonné autour d’un catholicisme imposé, et le résultat n’est pas de la confusion, c’est une théologie véritablement à part qui a un sens complet selon ses propres termes. Elle venait ici depuis qu’elle était petite fille, amenée par sa grand-mère, et elle demande encore à Maximón les mêmes choses : la santé de ses enfants, une bonne récolte, la protection sur la route.

Une femme allumant des bougies dévotionnelles devant le complexe du sanctuaire de Maximón à San Andrés Itzapa, Guatemala

Je suis reparti avec le sentiment d’avoir assisté à quelque chose que le tourisme n’a pas encore réussi à vider de son sens, en grande partie parce que si peu de visiteurs étrangers font le déplacement. Si vous y allez, allez-y dans la discrétion, achetez une bougie si l’envie vous prend, et laissez le rituel être exactement ce qu’il est plutôt qu’une occasion de photo.

Quand y aller : Le 28 octobre est le jour de la fête de Maximón et attire les plus grandes foules et les rituels les plus élaborés de l’année, bien que le sanctuaire fonctionne au quotidien et qu’une visite un après-midi de semaine offre une expérience plus tranquille et plus contemplative.